samedi , 18 septembre 2021

Interview – Thylacine : « Le voyage permet des émotions à l’intérieur plus fortes, plus vives »

Fort de la sortie de l’EP ROADS vol.2, enregistré aux Iles Féroé, Thylacine sera en concert au Bikini ce vendredi soir. Rencontre avec un animal Electro proche de la nature et des éléments. 

Pour donner suite à « Transsiberrian », son premier essai composé en 2015 à bord du train qui relie Moscou à Vladivostock, Thylacine s’est offert une caravane datée de 1972, la fameuse Airstream tout en aluminium et l’a lui-même, magnifiquement transformée en studio d’enregistrement. DE son premier voyage en Argentine est né Roads vol 1 en 2019.  Ce vendredi 7 février, le jeune prodige nous offre un nouveau volume plus organique plus proche des éléments où on ressent la roche, le vent, la tempête, les sols volcaniques des Iles Féroé. Quatre titres dans un EP incroyable qui nous plonge sur des terres inconnues aux côtés de Thylacine. 

Pour évoquer la suite de son projet ROADS, et de sa date toulousaine, au Bikini, rencontre avec William Rezé alias Thylacine.

Ce vendredi, double actualité. La sortie de Roads vol.2 composée aux Iles Féroé mais aussi un concert à Toulouse, au Bikini, le soir même. Comment te sens -tu la veille d’une journée comme celle-ci ?

 Ça va être une grosse journée. Après ce n’est pas un album c’est un EP cette fois-ci avec 4 morceaux. C’est la première fois que je vais faire une sortie et jouer le soir même. C’est pas mal parce que ça permet de vivre à fond l’événement.  Même si le programme sera dur à caser dans la même journée. Cela me permet  de vivre la chose plus directement et pas rester derrière son ordi en regardant les statistiques quoi.

Une journée de sortie classique, c’est avoir les yeux rivés sur les chiffres ?

On s’assure d’avoir communiqué un peu partout sur  les réseaux et effectivement on répond à plein de commentaires. On s’assure qu’on n’a rien oublié entre toutes les différentes plateformes. C’est une sortie en indépendant sur mon label.  Autour de moi, c’est une toute petite équipe qui gère ça donc il y a beaucoup de trucs à vérifier et beaucoup de travail.


Le soir, tu seras au Bikini. Que représente la scène pour toi ?

Ca représente quoi la scène pour moi ? C’est assez important dans le sens où c’est un peu la scène qui m’a poussé. Je pense que c’est aussi la scène qui m’a fait connaître.  A la base, je ne pensais même pas, quand j’ai composé mes premiers morceaux de musique électroniques, faire trop de concerts . Je pensais faire de la musique de films, rester dans mon coin et tout . Puis tout s’enchaîné. J’ai commencé à faire mes premiers concerts et je me suis tellement éclaté là-dedans et j’ai vu une possibilité que je n’avais pas envisagé. J’y ai découvert une grosse liberté, improvisation,  tout en faisant des choses assez poussées. Du coup,  j’ai enchaîné des tonnes de concerts et je prends beaucoup plaisir à ça. Après, j’essaie aussi à des moments de lever un petit peu le pied pour me laisser le temps d’aboutir tous les projets et de pas être sur la route tout le temps. Histoire de respirer un petit peu !

A quel moment le live arrive dans la composition ? Penses tu le live après ou pendant la création ?

C’est vraiment une deuxième partie. C’est à dire que je ne vais jamais poser des morceaux pour le live. Le but quand je compose c’est vraiment de trouver une écoute plus personnelle et plus intimiste. Donc je compose dans un endroit intime, confortable, agréable et tout. Je compose pas dans un gros club ou dans un truc aussi grand. Au départ,  je n’ai pas du tout une vision où je pense mes morceaux pour les concerts. Mais du coup, le but est de, après, une fois que les morceaux soient composés et que j’en suis content, les réinventer pour le live. Leur donner une deuxième vie. Et touver la façon de les jouer pour que ce soit pertinent et intéressant en live. C’est pas du tout les mêmes dynamiques, c’est pas le même environnement, c’est pas la même interaction. C’est un vrai questionnement sur le morceau et comment je peux l’amener plus loin pour le jouer en concert.

Petit retour en arrière pour cerner ton projet. A quel moment as-tu été happé par la musique ?

Je dirais qu’il y a eu plusieurs moments. Il y a le moment où j’ai commencé concrètement la musique et ça je devais avoir 5 ans. Mes parents m’ont dit que j’allais faire du solfège et qu’il fallait que je choisisse un instrument. Et, je ne sais pas pourquoi, j’ai choisi le saxophone parce que dans la tête d’un enfant de 5 ans ça devait être cool le saxophone…

Alors que d’autres prennent des instruments comme le piano ou la guitare..

Voilà c’est ça ! Il y  avait un truc sur le sax qui m’intéressait. A cette période, on peut pas vraiment parler d’un déclic. Après, j’ai commencé à jouer dans des groupes de musiques au saxo, à la basse quand j’étais vraiment adolescent et c’est là que j’ai commencé à plus prendre plaisir avec la musique, avec l’instrument et tout. J’ai commencé à faire des stages de jazz, faire un peu d’improvisation.  Enfin le déclic de la composition, je l’ai eu plus tard quand j’étais aux Beaux Arts et quand, artistiquement, je ne me retrouvais pas dans les groupes dans lesquels j’étais.  J’avais vraiment envie de pouvoir créer mes morceaux à moi, de composer de A à Z . Je n’étais ni chanteur ni guitariste donc j’ai commencé à bidouiller la musique électronique sans trop rien y connaître et puis ça a été un peu une révélation pour moi d’être capable de composer un morceau : s’enfermer pendant des heures dans son petit studio et d’en sortir un morceau qu’on peut partager et qui transmet des choses. Une émotion. C’est là où je me suis dit que la musique pourrait être la suite de ma vie.

 En plus, les Beaux Arts permettent d’appréhender la création plus personnellement. C’est en cela que les beaux-arts ont été importants ?

Exactement et, surtout, c’est les Beaux Arts qui m’ont poussé à faire quelque chose dont je suis absolument fier et dont je maîtrise un petit peu tous les aspects. Du coup, ça ne se retrouvait pas vraiment dans ma pratique musicale où je faisais quelque chose pour me marrer, où j’étais qu’à moitié fier du résultat. J’avais vraiment cette volonté d’aller beaucoup plus loin en musique. Les Beaux Arts m’ont pas mal poussé à ça !

Et l’envie de voyage est arrivée à quel moment ?

L’envie de voyage est arrivé un petit peu plus tard.  Je me suis rendu compte que, quand on commence à composer, on a une sorte d’ébullition un peu au début . Mais j’ai vite cherché à comprendre ce qui marchait le mieux pour moi. C’est à dire, quel était l’environnement qui marchait le mieux pour créer. Essayer de trouver une sorte de règle un peu, pas mathématique, mais de constat de genre  : quels sont les éléments qui font que je peux être créatif.  Quand on compose, des fois,  on est frustré . Des jours, il y a un truc génial qui sort et des fois on passe 2 semaines sur des trucs franchement  nuls où il n’y a rien à en tirer . Une frustration naît de ça ! J’ai donc cherché un petit peu quelles étaient les clefs pour moi et je me rappelais qu’ à chaque fois que j’allais dans un nouvel endroit, ou que j’étais sur la route, dans le train, des choses comme ça, il y avait un truc un peu frais, nouveau, qui se faisait. On va donc pousser ça un peu plus loin. A l’époque, je tournais beaucoup en train entre les concerts et du coup j’avais un peu l’habitude de composer dans le train et ça marchait plutôt bien. C’était un environnement que je trouvais assez agréable, avec le paysage qui défile, le confinement, le fait de pas avoir trop le choix de rester enfermé et d’avoir des gens autour.  Il y a une vie dans un train avec un petit confort pour composer. C’était assez génial et du coup je me suis dit  : c’est quoi le train le plus long du monde ? et hop c’est parti pour le Transsibérien !

En fait, c’était un besoin de perte de repères c’est ça ?

C’est pas forcément facile à expliquer: c’est un besoin de nouveauté. Quand on voyage , d’un coup on va faire de la photo alors qu’on ne fait pas de photos quand on est chez soi. C’est un besoin d’émerveillement, d’avoir quelque chose à raconter aussi.  Dans ma musique, je vais beaucoup transmettre des émotions, des impressions, … quand on reste toujours chez soi, qu’il se passe rien à moins qu’on se fasse larguer ou qu’il y ait un truc comme ça,  on n’a pas grand-chose à raconter. Le voyage permet des émotions à l’intérieur plus fortes, plus vives. C’est indescriptible.  Il y a aussi un autre aspect qui est très important: de plus en plus, ça me permet de couper. D’avoir une période dans laquelle je n’ai aucun autre objectif que de faire de la musique, de rencontrer des gens et  de vivre quelque chose. Une période sans interview, sans rendez-vous, sans live. C’est important pour tout artiste, d’avoir un temps où il n’y a plus que la création. Le voyage permet de totalement couper les ponts. Des fois, je n’ai absolument pas internet. Les gens savent que c’est pas possible de me joindre et qu’il faut rien attendre de moi pendant cette période là.  Comme ça, je ne suis pas stoppé dans mon élan artistique en voyage.

Et puis, on arrive au projet « Roads » avec deux volumes.  Tu t’offres une caravane Airstream en aluminium de 1972 , pour y installer ton studio, et tu décolles dans un premier temps pour l’Argentine en 2018 pour signer Roads vol 1. Et maintenant, on te retrouve aux Iles Féroé pour le volume 2. Pourquoi cette destination ? 

En fait, c’est un territoire qui m’intéresse depuis pas mal de temps. A la base, je l’ai connu par un tout petit label de musique électronique là-bas qui s’appelle TUTL Records, et c’est comme ça que j’ai découvert ce lieu. D’une part je connaissais rien du pays. Quand on me disait Féroé, je pensais que ça allait être en Indonésie ou je sais pas où ! (rires) J’allais vers de l’inconnu. Plus je me renseignais, plus je  découvrais des éléments sur le territoire. Un tout petit pays totalement reculé au milieu de nulle part, qui a pas du tout les structures ou l’environnement de l’Islande. C’est vraiment un lieu très isolé. C’était donc l’occasion de le découvrir. Vu que c’était un territoire plus petit, j’avais moins de trajet entre deux étapes par rapport à l’Argentine, j’y suis resté 6 semaines pour y voir ce que je pouvais composer. Soit 4 titres pour cet EP. 

A l’écoute du premier titre sortie, « Alda », j’ai l’impression qu’il est plus organique que le précédent.

C’est plus organique, c’est un peu plus minimaliste aussi je pense. Alda est un très bon exemple dans le sens où il y a peu de choses, c’est assez lent..

On sent les vagues, on sent que la nature reprend plus le dessus que le précédent.

Oui oui bien sûr , il y a un fort rapport à la nature là-bas.  C’est un territoire où tout est balayé par le vent continuellement. Ils ne peuvent rien faire pousser parce que c’est juste un cailloux au milieu de l’océan. Les éléments, la nature sont vraiment très très présents. On regarde la météo avant de pouvoir sortir dehors. C’est vraiment une vie différente. Moi, j’étais dans des endroits très reculés avec juste quelques maisons. Du coup, on est vraiment face à une sorte de solitude de beauté et de présence assez forte de la nature qui crée un environnement assez particulier.

Est-ce que ta façon de composer change selon les pays ? Est-ce qu’il y a des endroits qui te bloquent ?

Non je ne pense pas qu’un endroit me bloque . Moi, ce qui va me bloquer c’est justement de rester bloqué. C’est à dire de ne pas pouvoir trop bouger ou d’être aussi trop fatigué. Y a un truc que j’ai pas mal vécu en Argentine, c’est justement le fait que j’étais épuisé par la route. Là,  je voulais moins avoir à  faire des kilomètres et des kilomètres de route. Pour fois, se concentrer vraiment sur la composition, que les choses soient un peu plus accessibles et ne pas avoir à faire une semaine de route à conduire tous les jours pendant 8h par jour. Pour finalement arriver vraiment fatigué et ne pas avoir envie de composer. Avec les Féroé, c’était très facile, tout est tout petit. Tout est accessible. Et c’était un endroit vraiment différent. La culture nordique n’a rien a voir avec la culture argentine, et puis un paysage qui est absolument différent. On est loin des déserts, des routes qui se perdent à des kilomètres. Là, on est sur des toutes petites îles accidentées avec des tunnels et des ponts pour accéder entre les différentes îles…

Avec moins de soleil et plus de nuages..

Beaucoup moins de soleil, ça je confirme. Entre temps j’ai enlevé ma climatisation, j’avais installé un panneau solaire, j’ai ramené du chauffage dedans, etc… Ce n’était pas du tout les mêmes conditions. C’était très différent mais du coup il y avait quelque chose de très chaleureux qui se créait dans la caravane. C’est devenu un cocon quand à l’exterieur tout paraissait un peu hostile : le froid, le vent, la pluie etc… Quand on rentre à l’intérieur, même s’il peut y avoir une certaine fragilité parce que ce n’est pas une maison dure, ce cocon était très agréable.

Je voulais revenir sur le nom « Thylacine », qui est un loup de Tasmanie. Je trouve qu’il est raccord au projet car tu fais une musique proche de la nature. Est ce que tu aurais pu prendre ton vrai nom et est ce que cela pourrait se faire par la suite ?

Je ne prends jamais trop de recul sur le nom. Mais c’est vrai que pour moi , c’est impossible d’en changer aujourd’hui. C’est tellement lié à mon projet et puis plus ça va et plus je trouve qu’il est logique est cohérent 

C’est ça il y a une cohérence totale entre le nom et le projet actuel.

Je suis vraiment content d’avoir choisi ça. La question s’est posée quand j’ai fait mes premières musiques de films. Vais-je signer de mon vrai nom ou est-ce que j’allais garder ce nom là ? Je n’avais pas de raisons de changer parce que la musique que je faisais pour les musiques de films était la même que ce que j’allais faire sous Thylacine. C’était une musique assez similaire donc il n’y avait vraiment pas de raisons. Ça s’inscrivait vraiment dans la continuité.  Si jamais il s’avérait que je changeais totalement de style de musique et tout, alors que peut être… Mais sachant qu’aujourd’hui je ne me force absolument pas à rester dans un style et que je garde mon nom alors je ne vois pas pourquoi je changerais. Soit il y a une évolution progressive vers quelque chose de différent et ça restera Thylacine, soit il m’arrive quelque chose de très bizarre et d’un coup je me mets au métal là on changera peut être (rires).

Y aura -t-il un volume 3 ? La caravane partira vers quelle destination maintenant ? 

 Oui il y aura un volume 3 je pense. En tout cas, moi, c’est ce dont j’ai envie. Ce ne sera pas tout de suite et encore moins cette année. Là je suis parti sur des projets, plusieurs projets, j’en ai trois exactement. Il y en a un dont je peux parler qui est la composition de la musique pour une série pour Canal+ que je suis en train de faire et qui sortira à l’automne…

On a le nom de la série ou ça n’a pas encore été communiqué ?

Non je ne crois pas que ça à été communiqué donc je vais pas faire de boulette. C’ est un projet qui m’occupe pas mal en ce moment, et après j’ai deux autres projets dont un qui est pour le coup assez différent, qui est pas vraiment un voyage, qui m’excite beaucoup aussi et qui sortira si tout va bien en fin d’année.

Cet autre projet n’est pas une musique de film ou de série. C’est plus personnel ?

Non non c’est un projet plus personnel. Alors il y aura de la collaboration dedans mais c’est assez différent. Je me laisse le temps de finaliser  ces différents projets. Et j’ai un autre projet de voyage mais pas en route qui va arriver aussi. Il y a pas mal de choses, je me laisse un peu de temps et j’espère pouvoir repartir avec la caravane l’année prochaine si j’y arrive pour faire un volume 3. Et  prendre vraiment le temps de faire probablement là un vrai album, avec plus de 4 titres. Je cherche une grosse destination où on va rester pas mal de temps.

Pour la destination, tu dois avoir 2, 3 idées mais tu les gardes au chaud pour l’instant.

Je ne peut rien  dire, je ne me suis pas totalement arrêté pour l’instant. Ça dépend aussi de pleins de choses assez techniques, parce que c’est forcément assez costaud d’amener une caravane au bout du monde.  On ne choisit pas juste un endroit sur la carte et puis on se dit allez c’est parti, il y a quelques petites contraintes qui viennent . Mais il y aura un volume 3 !

C’est aussi des rencontres ces voyages, ça t’apporte quoi à toi personnellement ? Je parle à William et pas à Thylacine .

Pour moi c’est hyper important dans le sens où c’est assez bizarre de dire ça mais j’ai l’impression que ces moments là c’est à dire quand je suis en voyage que ce soit pour « Roads » ou en tournée, mais principalement sur Roads, j’ai l’impression vraiment de vivre un truc. D’être dans de l’action. De ne  pas savoir exactement ce qui va se passer demain, et de saisir un peu le truc comme il vient. Je pense que je suis de plus en plus addict à ça.  C’est un peu dur de rentrer à Paris après, mais pour moi c’est vraiment important, c’est ces moments là où je me retrouve vraiment et où je suis le mieux en adéquation  avec moi-même.

Sur le volume 1 il y a pleins d’anecdotes dont le fait de composer à 4500m,  Il y a des anecdotes aux Iles Féroé ?

Il en a un petit peu oui. L’anecdote un peu qui rejoint  « 4500m » c’est un morceau qui s’appelle « Stomur » . Une véritable tempête ! J’ai eu l’habitude d’avoir beaucoup de vent et donc du coup la nuit d’être réveillé par la caravane qui bouge dans tous les sens. Là, tout est arrivé pendant une après-midi où je travaillais. Au bout d’un moment, je ne pouvais plus travailler parce que ça faisait trop trop de bruit à l’extérieur, ça bougeait trop . Puis, la caravane a commencé à bouger, vraiment se déplacer sur le côté, se décaler un petit peu. Là on s’inquiète. Car j’étais juste au bord de la mer. Du coup, je suis sorti pour pousser des rochers, des énormes cailloux pour caler toutes les roues de la caravane . Plus je mettais de cailloux plus le vent forcissait. C’était une grosse tempête que moi j’avais pas trop vu venir mais dont  tous les habitants étaient au courant. Tout le monde s’était réfugié chez différentes personnes. A chaques grosses bourrasques, j’étais obligé de me jeter au sol pour pas me faire embarquer par la caravane. J’étais obligé de rester au sol pendant quelques minutes, après ressortir, courir, aller chercher des rochers, les pousser au maximum sous la caravane et rerentrer.  Le vent a vraiment continué à forcir, il y avait ma copine qui était là à ce moment-là, et on commençait à se prendre plein de petits cailloux contre la caravane.  A un moment donné, quand j’étais dehors, lors d’une grosse bourrasque, une énorme table en bois d’extérieur,  comme sur les aires d’autoroutes, a volé pas loin de moi.  Des objets aussi gros comme ça volaient un peu partout et je me suis que c’était plus possible  : il faut qu’on se casse. Je pouvais plus du tout bouger la caravane à ce moment-là  car elle allait se retourner et du coup on a été obligé d’abandonner la caravane, de sauter dans le van et de foncer tout droit à la première maison qu’on a trouvé et s’abriter là-bas.  On a passé la nuit chez eux, chez des gens adorables pour le coup. On a passé une nuit à la fois très sympa mais aussi très stressante où je voyais la caravane, et je croisais les doigts pour qu’elle se retourne pas et que je ne retrouve pas une carcasse le lendemain..

Aventure incroyablement stressante je suppose.

Oui c’était quelque chose d’assez particulier de savoir et puis quand on est rentrés on nous dit « non mais la caravane vous n’allez jamais la retrouver là c’est fini… » non non c’est pas possible ça, ça ne peut pas arriver donc en fait c’est assez particulier de se dire que là peut être que Roads c’était fini. Au final, ça s’est très bien passé. Après, je n’avais plus de plaque d’immatriculation, il y avait des infiltrations d’eau un peu partout, des trucs un peu abîmés mais rien de grave du tout. ça reste un moment bien stressant quoi. J’ai mis quelques temps à m’en remettre, quelques jours à vraiment faire redescendre le stress, je pense que c’était la première fois où là j’ai eu peur pour ma vie. 

Tu as composé juste après ce moment ou tu as attendu de redescendre ?

J’ai composé justement un peu après donc c’est un morceau qui s’appelle Stormur  qui veut dire tempête en Féroéen et qui est sur ce rapport assez fort qu’on peut avoir avec l’environnement . A la fois agressif et puissant !

Qu’est ce que je peux te souhaiter pour la suite ?

 Que tout se passe comme ça, que j’arrive à tout finir. Honnêtement, que je ne sois pas malade pour que je puisse mener à bien tous mes projets parce que là je me suis mis un planning où clairement si  je suis malade pendant deux semaines il y a tout le planning qui s’écroule donc ça sera mon souhait.

L’album Roads 2 est disponible depuis ce vendredi 7 février 2020. Il sera ce même jour au Bikini pour un concert exceptionnel.