vendredi , 21 juin 2024

Interview. Sur la route d’Oscar les Vacances 

Les mardi 30 et mercredi 31 janvier 2024, Oscar les Vacances présentera son premier album au Bijou de Toulouse dans le cadre du Festival Détours de Chant.  Rencontre avec un artiste singulier avant les dates toulousaines et la sortie de son premier album.

Oscar les vacances mélange chanson française, pop et musiques électroniques. Centré autour des textes, il nous parle de son adolescence, de ses histoires d’amour qui n’ont généralement jamais eu lieu, du monde moderne, de ses apocalypses intérieures, de sa masculinité, de ses questions d’enfants, des fleurs, de la mort.

A la fin de la semaine, il nous présentera son premier album « Ceci n’est pas mon corps ». Avant ça, il sera au Bijou de Toulouse dans le cadre de Détours de Chant. Rencontre avec Oscar les Vacances pour évoquer son parcours et ce premier opus très attendu.

Le 2 février prochain, ton premier album sort enfin.  Dans quel état d’esprit est-tu ?

C’est la dernière ligne droite : j’ai une To Do List longue comme cinq fois mon bras. J’ai plein de trucs à faire. En plus, on prépare le live en même temps, un nouveau live avec l’album forcément. Je suis très excité de partager tout ça avec le public. Mais vu mes occupations actuelles, je n’y pense pas trop.

Préparation du live qu’on verra à Toulouse dans un format spécial. Mais que représente pour toi la scène ?

La scène pour moi…elle a quelque chose d’un peu mystique. Quand tu chantes tes chansons écrites seul dans ta chambre devant un public d’une centaine de personnes, il y a quelque chose d’un peu mystique et très précieux.  La scène est un moment libérateur. Ce sont un peu les premiers moments où les morceaux existent, parce que finalement quand les gens écoutent de la musique chez eux, on ne sait rien du moment ou de l’endroit. Sur scène, c’est le seul moment où on leur délivre sa musique cash sans barrière.

D’ailleurs, penses-tu à la scène quand tu écris une chanson ?

Pas tout le temps. Mais souvent oui. De plus en plus. Finalement c’est venu un peu avec les concerts. Au début, ça ne me venait même pas à l’esprit. Quand j’écrivais une chanson, ça sortait comme ça, mais après au fil des concerts, on a envie qu’il se passe certaines choses sur scène, on a envie que les gens chantent avec nous, que les gens dansent, du coup il y a un truc, on a envie d’amener les gens quelque part, et ça va forcément influer sur la manière d’écrire. C’est de plus en plus vrai.

Comment se passe le processus d’écriture chez toi ?

Alors souvent je travaille les textes et le son séparément au départ. Je vais trouver un texte, je vais le développer un peu et je vais travailler des débuts de musique sans avoir de texte en tête. Ensuite j’essaie de les coller ensemble. J’essaie de trouver, ce qui pourrait aller avec quoi… parfois j’écris une musique sur un texte et finalement ça finit sur un autre texte. Au début c’est très malléable et c’est beaucoup d’aller-retour. C’est-à-dire que la musique va nourrir le texte, le texte va nourrir la musique. Je n’ai jamais un texte entier que je mets en musique.

On va revenir un peu sur ce projet. Qui est Oscar et les vacances, d’où vient ce nom ?

Alors le nom vient d’un voyage au Sénégal que j’ai fait il y a sept ans. Il y a un festival qui s’appelle Oscar des vacances donc l’Oscar est la récompense des vacances. Du coup quand je disais aux gens que je m’appelais Oscar, tout le monde m’appelait Oscar des vacances. J’ai bien aimé ce surnom parce que j’aime beaucoup les vacances (rires).

A quel moment la musique est arrivée dans ta vie ?

C’est quand j’ai commencé à travailler : je me suis dit que si je faisais de la musique, je n’aurais jamais vraiment à travailler. Le surnom, les vacances, vient un peu aussi de là. Il y a cinq ans, je suis allé habiter en Ardèche chez ma grand-mère pendant deux ans, j’ai fait beaucoup de chansons, j’ai réalisé une dizaine de clips auto-produits… j’ai adoré faire tout ça. À la base, je viens de l’univers du dessin animé, donc l’aspect visuel est important dans le projet. Le dessin animé, c’est ma vraie formation. C’était mon vrai travail. J’ai fait l’école Emile Cohl à Lyon et j’ai travaillé un peu sur des court-métrages, sur des petits projets de série sur des vidéo de mapping .  C’était il y a 6 ans. Mais je fais de la musique depuis enfant. En fait, dès que j’ai commencé la musique, j’ai tout de suite commencé à écrire des chansons et à composer, à arranger, j’ai appris de plusieurs instruments. Finalement ça a toujours été là.

Dernier titre en date d’ailleurs est très coloré. Je parle du featuring avec MLP sur « Les Puceaux ». D’ailleurs cette chanson, peux-tu m’en dire un peu plus ? 

J’ai fait six fois la première partie de MPL, c’est un groupe que j’aime beaucoup. C’est un groupe qui m’a quand même influencé. C’est devenu des copains, on s’était vu avec le chanteur, on se baladait un peu et on se questionnait mutuellement sur les morceaux qu’on avait envie d’écrire, et le thème du « puceau » nous a parlé.  Du coup on a essayé tous les deux d’écrire sur ce thème-là, le soir même, on a fait une maquette, on a écrit le morceau et voilà. C’est quelque chose qui venait presque de lui mais on s’est rendu compte tous les deux qu’on avait été des puceaux relativement tardifs et que c’était un thème qu’on voulait aborder quoi.

On parlait justement des textes sérieux et du côté léger de la musique, c’est ce que tu recherches quand tu écris une chanson ?

Ça peut être léger dans la forme, mais pas dans le fond. Pour moi, il ne faut jamais être léger dans le fond. De toute façon, quelque chose de lourd dans la forme, ça ne donne pas envie de le chanter. Donc la forme pour moi doit rester légère. Mais le sujet est quand même important.

Sur le sublime « Neiges éternelles », tu te poses beaucoup de questions, as-tu trouvé des réponses depuis ? 

Rarement. J’ai toujours beaucoup posé des questions. A mes parents, à ma mère, je passais des journées à leur poser des questions, mais j’ai toujours eu du mal à affirmer les choses dans la vie. De manière générale, il y a des choses que j’affirme, mais mon opinion, comment dire, j’ai toujours préféré poser les questions plutôt que de trouver les réponses. Je sais pas, ça laisse les choses ouvertes, ça laisse le monde ouvert, ça laisse tous les possibles exister !

Et l’exercice de l’interview,  c’est quelque chose qui te plaît  ?

Je vois l’interview un peu comme une psychanalyse en général, parce que c’est le moment où ça me fait parler de moi, donc je vois plus ça comme des séances de psychanalyse que vraiment des interviews. Alors ça dépend des interviews, mais parfois ça me fait découvrir des choses intéressantes. Parfois ça me fait réaliser des choses que je n’avais pas réalisées avant, donc c’est un exercice que j’aime bien.

Dans « Neiges Eternelles », d’ailleurs tu compares ton ego à la Tour de Pise…

Tour de Pise, ça reste une tour, mais c’est une tour penchée, donc c’est à la fois quelque chose de très solide et de très fragile. Je pense qu’on a tous un peu des sentiments de grande force et de grande faiblesse. Un espèce de balancement entre confiance en soi assez forte, qui nous pousse à faire des choses, et une remise en question un peu permanente. Donc finalement la Tour de Pise, je trouve que c’est une bonne image !

Evoquons un peu l’album aussi, ce titre, « ce n’est pas mon corps ». Pourquoi ce titre ?

Alors « ceci n’est pas mon corps » j’ai voulu faire un mélange entre René Magritte et Jésus, « ceci n’est pas une pipe » et « ceci est mon corps » et voilà, ça donne « ceci n’est pas mon corps ». Y’a quelque chose d’un peu prophétique à plusieurs endroits dans l’album.

Comment décrirais-tu  l’ambiance de cet album, si tu devais le décrire à quelqu’un pour lui donner envie de l’écouter ?

Je vais peut-être plutôt mettre des mots-clés. Par exemple, je dirais un peu creepy, un peu apocalyptique, un peu fragile et un peu puissant à la fois. Électronique, nostalgique aussi évidemment.

C’est ce qui te représente le plus la nostalgie ? Ou c’est la mélancolie ?

Je dirais mélancolie oui. J’ai toujours aimé mettre une forme de mélancolie dans les morceaux, parce que quand j’écoute de la musique c’est souvent ce qui me touche le plus. Il y a quelque chose que je trouve aussi puissant là-dedans. Dans l’écriture, dans les textes, dans la musique , la mélancolie est assez présente. Que ce soit les mélancolies de l’enfance, de l’adolescence. C’est un album qui parle quand même pas mal de l’enfance et des différentes étapes de vie. Des questions sur la sexualité, quand on est enfant, quand on grandit, donc il y a quelque chose de fondamentalement assez mélancolique. Chaque chanson, je pourrais finalement les reclasser à une période de ma vie : adulte, adolescent.

Mélancolique d’accord, mais est-ce que la période actuelle te plaît ?

Alors c’est un monde que je trouve très compliqué, mais j’aurais pas envie d’habiter à une autre époque parce que je trouve qu’il y a énormément de choses à faire. C’est un monde que je trouve quand même très stimulant, malgré le fait que on est quand même dans des impasses sociétales. Donc c’est un monde qui me questionne énormément mais pour rien au monde j’aurais envie de vivre à une autre époque ça c’est sûr.

Que prépare-tu pour la suite ?

D’abord la sortie de l’album, les nouveaux clips, et puis on va essayer de construire une tournée pour cet été. Et, on espère plein de concerts pour 2024/2025.

Infos et réservations : https://www.detoursdechant.com/

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