vendredi , 7 août 2020

Interview : Malik Bentalha,  » ce spectacle, c’est moi le plus sincèrement possible »

Mardi 11 février, l’excellent Malik Bentalha sera sur la scène du Zénith de Toulouse pour son spectacle « Encore ». Rencontre.

Avec son sens de la vanne, sa répartie, son improvisation et sa bienveillance, Malik Bentalha est l’un des humoristes les plus drôles et talentueux de sa génération. Après un passage réussi au cinéma, il est de retour sur scène avec son second seul en scène « Encore ». Un triomphe dans les salles françaises et bientot à travers le monde. Rencontre avec un humoriste au meilleur de sa forme avant son passage toulousain.

La tournée a repris en cette année 2020 pour une dernière salve de dates. Dans quel état d’esprit es-tu ?
Ça m’avait manqué. J’avais mis trois ans avant de retrouver la scène donc je suis ravi de retrouver le public. Il y a une adrénaline si particulière à ces dates là. La fin est proche et je repars pour trois mois, histoire de finir en beauté. J’aime aussi l’évolution de ce spectacle. J’ai commencé avec des salles de 100 personnes pour finir dans des Zéniths comme celui de Toulouse.

As-tu préférence entre grande et petite salle ?
Honnêtement, les petites salles permettent un plus grand nombre d’échanges avec le public. Je peux presque les toucher. Une grande est plus impersonnelle mais c’est tellement impressionnant que ça permet de nouvelles choses. Il faut faire comme dans une petite salle. Sincèrement, je pense ne pas faire de différence entre les deux.

On te découvre au cinéma et ailleurs, mais la scène revêt toujours quelque chose de magique pour toi?

C’est essentiel à mon bonheur. C’est à chaque fois une aventure nouvelle, même si à chaque fois je trouve que ça passe tellement vite et que ce n’est pas suffisant. Mais il faut faire d’autres choses.

Parlons de ce spectacle, « Encore ». Tu reviens avec un deuxième spectacle, quatre années après le premier que tu avais joué de 2010 à 2015. Est-ce que la création fut plus difficile ?

Je l’ai construit dès 2017, donc entre la fin en 2015, et le début, il y a eu deux ans et demi. Ce fut plus difficile car j’étais attendu au tournant. Le premier, on te découvre, le second on t’attend donc il ne faut pas se rater. Après comme le diraient d’autres artistes, il y a toujours la peur de se répéter, de ne plus surprendre. Mais je garde à l’esprit qu’il faut que je sois moi même car c’est comme ça que je suis meilleur et que le public m’apprécie. Ce spectacle, c’est moi le plus sincèrement possible .

Comment se passe l’écriture ? As-tu changé ta façon de faire ?

Je fonctionne toujours de la même façon. J’écris, puis je pars en tournée dans des salles de 100 personnes pour tester les nouvelles vannes. Je pars avec 20 minutes qui deviennent au fur et à mesure une heure, puis plus. C’est l’échange avec le public qui construit mon spectacle.Tu te filmes, tu regardes ce qui a marché ou pas, et tu te fixes de nouveaux objectifs chaque soir. Le spectacle grandit de dates en dates. C’est un travail énorme en amont et post spectacle pour offrir le meilleur de ce que j’ai.

Comment naissent les thématiques des sketchs chez toi ?

C’est simple. Je parle de tout (rires) ! Je ne m’interdis rien, ce qui ne serait pas une bonne chose pour moi. Pour tout dire, je parle même des tragiques événements de 2015 et de l’Islam. Après je ne fais pas un humour corrosif, je laisse ça aux autres humoristes meilleurs que moi dans ce domaine. Je ne cherche pas à blesser. Ce n’est pas mon humour et ce n’est pas ma mentalité. Je reste le mec cool, détente mais qui ne s’empêche pas de lancer des sujets qui amènent matière à réflexion. Et c’est tant mieux.

Dès lors, comment décrirais-tu ce spectacle ?

Un spectacle qui me représente plus que jamais. Au delà de ça, c’est un véritable show avec un vrai et beau décor qu’on ne voit que très rarement chez les humoristes. On a réalisé une scénographie incroyable sans parler de la musique de mon ami DJ Snake. Je suis tout autant fier de tous ces aspects du spectacle… enfin, du show.

D’ailleurs, pour un humoriste, la tournée revêt quelque chose de très solitaire ?

Ce n’est pas difficile mais c’est vrai que c ‘est parfois assez solitaire. Tu tournes avec des régisseurs qui fument des roulées (rires) Mais en vérité, tu ne te sens jamais vraiment seul.

Dans ta vie, il y a le cinéma. Mais aussi le doublage avec prochainement la sortie du film Sonic. Heureusement qu’ils ont retravaillé le personnage avant une sortie ce 12 février dans les salles françaises.

J’admet qu’ils ont bien bossé le style de Sonic. Je suis très fier de faire le doublage de ce film. J’ai déjà doublé des films mais là c’est une part de mon enfance qui apparaît devant mes yeux. J’étais, petit, dans la team SEGA au lieu de la Team Nintendo. Alors quand le projet autour d’un de tes héros d’enfance s’ouvre à toi, ben, tu ne te poses pas mille questions : tu fonces !

J’ai pu lire, qu’après avoir joué dans plusieurs films, on allait te voir derrière la caméra ?

Ma prochaine expérience sera une réalisation. Un premier film dans la veine des films de mon enfance, comme les Gonnies ou Indiana Jones. Ça va s’appeler Jack Mimoune et ça sera en tournage en 2021 je l’espère. En attendant, je réfléchis à d’autres projets …

Comme un passage par la case télé…
Oui tout à fait, je prépare une émission entre sketch et plateau qui devrait s’appeler « Dans ma tête ». Quelque chose d’inédit en France qui devrait entrer en tournage là, pour une sortie avant l’été normalement sur TMC. Sans oublier que le spectacle sera en direct sur TF1 le 20 février prochain !

Par ailleurs, tu as réalisé un sketch avec Jérôme Commandeur autour de Breaking Bad. La scène à deux, cela pourrait une éventualité pour toi ?

Jérôme, c’est mon pote et il me fait mourir de rire. Monter sur scène en duo pourrait m’amuser vraiment. Mais il faut trouver le temps, trouver le bon rythme dans un duo, etc… c’est très difficile quand tu as l’habitude d’être un solitaire.

Tu seras donc à Toulouse, au Zénith, ce mardi 11 février. Quelques mots sur Toulouse ?

Ah Toulouse, la ville rose. J’ai toujours des bons souvenirs que ce soit au niveau de la bouffe ou du rugby. Même de mes passages à la Comédie de Toulouse d’ailleurs. Puis j’ai mes potes BigFlo & Oli qui ne cessent de me vendre cette ville donc forcément on s’y intéresse plus quand tes amis en parlent.

La suite de l’aventure, c’est donc la scène puis la télé ?
Pour moi c’est la tournée française puis la tournée mondiale. Plusieurs dates à travers le monde. Mettre en place et tourner mon projet pour la télé et faire celui du cinéma. Et enfin, une fois la boucle terminée, ne pas lâcher la scène et revenir.

Malik Bentalha – « Encore »
Mardi 11 février 2020
Zénith de Toulouse
www.box.fr