samedi , 3 décembre 2016
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Toulouse d’été : Rencontre avec la chanteuse Norma !

Insaisissable, timide et talentueuse, Norma fera parler d’elle lors du festival Toulouse d'été. Rencontre avec une belle découverte !

 

[Interview du 4 juin] Icône à béret ou cowgirl à Stetson, Norma est insaisissable. N’essayez pas de la définir : quand vous pensez l’avoir cernée, elle se transforme à nouveau, héroïne caméléon. Après un passage le 4 juin, au Weekend des Curiosités avec des chansons incroyables, la chanteuse sera de nouveau sur scène pour Toulouse d'été. Une véritable découverte musicale aux accents rock, pop, folk et plus encore. Rencontre avec Norma, jeune fille à l’avenir lumineux.

 

On est à une semaine du Weekend des Curiosités 2016 au Bikini. Pour une jeune artiste comme toi, comment appréhende –t-on cette soirée ?

Je suis hyper excitée car, tu dois le savoir, je suis toulousaine, donc  c’est une émotion particulière qui s’installe quand j’évoque le Bikini. J’ai vu tellement de concerts dans cette salle. Je sais que juste avant de monter sur scène, je serais très émue de fouler cette scène.

 

De quel concert mémorable te souviens-tu dans cette salle ?

Difficile car j’en ai vu tellement. Je vais citer les Kills car c’est un groupe marquant pour moi. C’est un groupe phare du rock encore aujourd’hui et ce fut un moment très particulier.

 

On évoque cette date toulousaine, mais que représente pour toi la scène ?

La scène représente un certain challenge pour moi. Au début, il y avait une appréhension énorme car je ne savais vraiment pas ce que cela pouvait donner, étant assez timide. J’avais peur de ne pas pouvoir coller les émotions que je souhaitais sur mes chansons. Peur que ma timidité dérègle mes intentions artistiques. Ça fait maintenant un an que je tourne. Après plusieurs tentatives de formation, j’ai trouvé le bon combo avec un orgue, une batterie et une guitare. Grâce à ça je peux délivrer la sincérité nécessaire à mes chansons sur scène. Soit une force brute, viscérale…Mais ça reste un challenge à chaque nouvelle chanson que je propose sur scène. Je suis quelqu’un qui écrit énormément de nouvelles chansons donc je me lance souvent avec une nouvelle setlist.

 

Malgré cette expérience, y a-t-il toujours une certaine appréhension avant de monter sur scène ?

Je suis toujours hyper anxieuse avant un concert. Comme je disais, j’écris tout le temps de nouvelles chansons, j’ai envie de rapidement les jouer, donc cela me met une pression supplémentaire une fois sur scène. J’ai une boule au ventre, mais je n’attends pas trop longtemps derrière la scène, je me jette direct dans la fosse au lion. Le reste c’est du bonheur et une énergie particulière.

 

Et le fait de jouer dans un tel festival ?

J’ai le sentiment d’être hyper soutenu en participant  à cet événement. Les organisateurs m’ont vu lors de la première partie de The Do au Bikini en novembre dernier, là ils m’imposent dans leurs découvertes. C’est génial. Qui plus est dans ma ville !

 

 

Revenons sur ton parcours avant d’arriver au Bikini le 4 juin prochain. Comment as-tu décidé de faire de la musique ta vie ?

Ça fait 10 ans que je fais de la musique. D’abord dans pleins de petits groupes à Toulouse. Puis cela s’est accéléré il y a trois ans, quand je suis partie pour Londres.  Je n’arrivais à rien en étant à Toulouse, je me sentais censurée et retenue. A Londres, j’ai eu un déclic, puis je suis rentrée en France. Le projet Norma fut donc lancé entre Toulouse et Paris pour se finaliser à Paris. Je déteste l’enracinement, j’ai besoin de bouger pour créer. A Londres, je me sentais un peu seule, donc revenir à Paris m’a permis de m’ouvrir et me lancer dans quelque chose avec un entourage aussi. Toulouse me manque aussi mais je sais que j’ai besoin d’évacuer en étant aussi ailleurs.

 

Et du côté de tes influences ?

Elles sont très vastes, elles sont américaines pour la plupart, mais j’ai aussi eu une éducation musicale avec les Beatles. J’aime les groupes de songwriters américains comme Dylan ou Graham Paxon. Mais aussi Jack White pour son énergie et son mélange d’inspirations différentes. Il fait une musique qu’on ne peut pas cerner, et c’est exactement ce que je veux faire. Après, j’aimer les artistes comme Kate Bush et PJ Harvey pour leur univers.  Je crois que je suis attirée par les artistes qui ont un univers qui ne s’arrête pas à la musique. Etant passionnée par la littérature et le cinéma américain, je me reconnais dans des artistes à l’univers étendu.

 

Plus tôt, tu évoquais le fait d’écrire tout le temps de la musique. Comment se passe le processus créatif ?

J’écris un peu partout, c’est assez spontané. Soit les paroles me viennent en premier, dehors, dans la rue, n’importe où, et je les couche sur un carnet. Puis je cherche une mélodie et des accords. Soit je me mets à la guitare et je cherche des mélodies. Ça me vient assez rapidement. Une fois sortie, je n’attends pas très longtemps avant d’enregistrer. J’enregistre en Do it yourself en un seul élan pour avoir un son le plus brut possible. Je fais tout par moi-même, je fabrique les lignes de basse, la batterie moimême. Je peux même enregistrer à minuit si j’ai quelque chose. Je n’attends pas le lendemain.

 

Tes voisins doivent être ravis…

Figures toi que je n’ai aucun problème de voisinage. Je vis au-dessus d’un bar, donc niveau bruit je suis couverte. Puis, les gens au-dessus ne m’ont jamais fait de réflexion. Alors continuons (rires) !

 

 

 

Tu dis fournir tout le temps de nouvelles chansons, comment cela se passetil avec le reste du groupe qui doit découvrir les morceaux quelques temps avant un concert ?

(rires) C’est un peu difficile pour eux. Je les tourmente car je ne suis jamais contente. Puis eux, ils ont une vie à côté, moi je n’ai que ce projet. C’est ma vie Norma. Ce sont mes amis, ils sont hyper motivés et m’aident dans ce projet donc je suis reconnaissante de cette chance. Et, ils ne se sont jamais ouvertement plaints!

 

Tu n’es pas encore connue du public, d’où aussi ta présence au Weekend des Curiosités, et tu n’as pas encore sorti d’EP. Pour ceux qui ne connaissent pas ta musique, comment la décrirais-tu ?

C’est vraiment difficile. Je ne veux pas mettre un style sur ma musique, car une fois une étiquette mise, les gens ne vont pas au-delà de ça. Je veux que le public analyse ma musique par eux même. Je dirais que c’est un mélange de storytelling folk, des émotions blues avec le côté mélodique de la pop. Et sur scène, c’est assez visuel car je suis très attachée à cela aussi.

 

Je disais : pas encore de premier EP. Est-ce qu’il est prévu pour bientôt ?

J’ai un premier clip/single qui sort vendredi prochain, la veille du weekend des Curiosités. J’ai déjà fait quelques vidéos, mais là c’est un vrai clip qui annonce un EP. Là j’ai travaillé énormément avant de partir en studio délivrer un futur EP dont je tais le nom pour le moment et qui sortira à la rentrée. Par contre, je peux dire que le prochain clip, la chanson se nomme «  Girl in the city ».

 

Donc la suite c’est cette sortie d’EP ?

Et les concerts ! Le lendemain de Toulouse, je serai à Paris pour le We Love Green aux côtés de PJ Harvey sur la scène des Inrocks Labs. Puis je rejoue le 2 août pour le Festival Toulouse d’été. Et enfin, ce sera une tournée à la rentrée pour la sortie de l’EP avec peut être une nouvelle date toulousaine. Mais, ça c’est une autre histoire ….