lundi , 8 mars 2021

Rémy Julienne et la Cinémathèque de Toulouse, une belle histoire

Avec la disparition du cascadeur et artiste Rémy Julienne, la Cinémathèque de Toulouse a perdu un ami mais restera gardienne de ses archives.

Rémy Julienne vient de nous quitter le 21 janvier dernier en laissant derrière lui une belle histoire avec le 7e art. Mais aussi une belle histoire d’amitié avec Toulouse. En novembre 2017 à l’occasion du festival Histoires de cinéma, la Cinémathèque de Toulouse lui avait rendu un hommage et le cascadeur avait donné ses archives. En septembre dernier, Rémy Julienne, fidèle ami de la Cinémathèque, était encore présent à Toulouse pour l’Assemblée générale de l’association. Aujourd’hui gardienne de ses archives, la Cinémathèque de Toulouse salue l’artiste et l’ami, dont elle continuera à entretenir la flamme et la mémoire.  Elle retrace son histoire dans un joli texte: 

« En cinquante ans de carrière, il a travaillé auprès des plus grands réalisateurs et acteurs français. Gérard Oury (Le Cerveau, 1969 ; Les Aventures de Rabbi Jacob, 1973), Philippe de Broca (Le Roi de cœur, 1966 ; La Poudre d’escampette, 1971), François Truffaut (La Nuit américaine, 1972), Claude Lelouch (L’aventure, c’est l’aventure, 1972 ; Toute une vie, 1974), Yves Boisset (Canicule, 1983), Leos Carax (Mauvais sang, 1986) et surtout Georges Lautner avec qui il a tourné une quinzaine de films (Fleur d’oseille, 1967 ; Le Pacha, 1968 ; Quelques messieurs trop tranquilles, 1972 ; On aura tout vu, 1976 ; Mort d’un pourri, 1977 ; Flic ou voyou, 1979 ; Le Guignolo, 1980 ; Le Professionnel, 1981 ; Joyeuses Pâques, 1984).

Réputé pour son professionnalisme et son extrême rigueur, Rémy Julienne se voit contacter par le Britannique Peter Collinson en 1969 pour tourner L’or se barre (The Italian Job). Ce film constitue un véritable tremplin pour sa carrière, notamment grâce à la scène des Mini Cooper, restée mémorable dans le monde de la cascade. Suivront de nombreuses collaborations internationales (Dino Risi, Alberto Lattuada, Terence Young, Sydney Pollack, Sergio Leone, Ron Howard) dont six James Bond (Rien que pour vos yeux – qui lui a valu un award en 1981 –, Octopussy, Dangereusement vôtre, Tuer n’est pas jouer, Permis de tuer et GoldenEye). Côté acteurs, le cascadeur a notamment doublé Jean-Paul Belmondo (14 collaborations), Yves Montand, Alain Delon ou encore Louis de Funès, ainsi que, pour la série des James Bond, Sean Connery, Timothy Dalton et Roger Moore. 

En 2017, Rémy Julienne avait déposé à la Cinémathèque de Toulouse ses archives, essentiellement constituées d’essais filmés de mise en scène de cascades. En révélant la face cachée de cette partie technique du cinéma, ce fonds constitue un patrimoine unique couvrant près de cinquante ans de cinéma. 

Cinquante ans de prestations acrobatiques, de créations, de cascades et de mises en scène risquées. Il retrace toute la carrière de Rémy Julienne (plus de 1400 productions dont 400 films de cinéma) et révèle tout son talent de cascadeur et de concepteur de cascades. »