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jeudi , 21 février 2019
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Interview avec Les Filles et les Garçons

 

Les Filles et les Garçons ouvriront le bal ce vendredi des Curiosités du Bikini. Rencontre avec l’unique membre de ce projet, Lucas Nedellec.
 
Les Curiosités du Bikini possède ce charme de découvrir de nouveaux talents de la scène locale. Pour cette 14ème édition, les organisateurs ont invité « Les Filles et les Garçons » pour faire la première partie de Lescop et Aline. Lucas Nedellec nous dévoile son projet, ses influences et nous plonge dans son univers. Rencontre.
 
 
Qui es-tu et comment est né  le projet les Filles et les Garçons ?
Je suis Lucas Nedellec, je suis étudiant à Toulouse. Le projet est né en 2010 quand j'ai arrêté mes études pendant un an pour me consacrer à la musique. D'abord comme passe-temps. Du coup, ça a pris forme petit à petit. Les chansons ont été balancées sur internet sans prétention aucune… au fur et à mesure le projet a pris de l'ampleur sur des plateformes comme Soundcloud et Bandcamp.
 
Qu'est ce qui t'as permis de franchir le cap ?
J'avais des bonnes critiques relayées par plusieurs blogs français, américain…en fait la blogosphère. Toujours sur le principe d’un  passe-temps, ça m'a incité à continuer. Puis à réaliser mes compositions. Etant tout seul, c'est plus simple de composer. Il n'y a pas de contrainte.
 
Comment est venu le nom en français alors que tu chantes essentiellement en anglais ?
D'ailleurs, le prochain EP sera chanté en français…Retour aux sources. Mais, le nom « les Filles et les Garçons » est venu de la chanson de François Hardy « Tous les garçons et les filles ». Puis, trouver un nom en français un peu long, c'était accrocheur. Et, ça sonnait bien. Il n'y a pas trop d'explication. Pour te dire la vérité, c'est un journaliste qui m'a demandé s’il y avait un rapport entre mon nom et la chanson de Françoise Hardy…il n'y en avait pas mais maintenant il y en a un ! (rires)
 
Pourquoi as-tu choisi de chanter en l'anglais au départ ?
J'écoutais au départ de la musique anglosaxone donc c'était une suite logique dans mes influences de chanter en anglais. Et peut-être plus simple et moins démocratisé à l'époque de chanter en français. Maintenant, il y a des talents comme Aline, Lescop ou Granville qui subliment la langue. Du coup, maintenant, j'essaye de chanter en français. C'est plus compliqué mais c'est évident pour moi et c'est plus vivant. 
 
Quelles difficultés peux-tu apercevoir entre les deux langues ?
En anglais, surtout, je travaille assez rapidement et le résultat peut parfois paraître absurde. En français, comme c'est ma langue maternelle, je n'ai pas envie de dire n'importe quoi ou même être ridicule. C'est peut-être plus naïf. Même les sonorités quand tu chantes en français doivent être plus fine. Le boulot est dense dans ma langue maternelle.
 
Comment est née la passion de la musique chez toi ?
J'ai commencé la guitare à l'âge de 10 ans, et après j'ai eu un groupe au lycée de rock- reggae- hip hop. Comme tout le monde. Ça marchait pas mal dans mon bled en Dordogne. On s'est séparé après le lycée pour suivre des chemins divers, comme tous les petits groupes. Par la suite, je suis parti dans une autre direction. J'aime d »couvrir de la musique, et tenter de construire mon propre univers.
 
Etre seul te permet plus de liberté ?
Tout à fait. Ça permet plus de libertés, et on évite les contraintes de la composition à plusieurs. Voir même les répétitions. Là, les répétitions, je les fais sur mon bureau, dans mon appart, quand j'en ai envie à minuit ou à huit heures du matin. Je n'ai pas contrainte de groupe où il faut aménager des moments pour répéter et composer.
 
Et ça donne quoi en live ?
Moi, je ne sais pas trop. Il faut avouer que je suis dans mon set sans vraiment lever la tête pour savoir ce que cela donne. De l'extérieur, mon set peut paraître un peu bizarre surtout que ma musique est multi-instrumentale : piano, basse, batterie…Moi je me réserve à la mélodie et aux accords piano. C'est vrai qu'en live, ça peut paraître bizarre mais ça plait et je m'y retrouve. C'est mon moyen d'expression pour le moment.
 
Quelles sont tes influences ?
Parmi mes influences, il y a forcément les années 80 mais aussi, l'électro pop anglaise comme Métronomy ou Toro y moi. Les sonorités sont très eighties mais je ne fais pas forcément exprès de me diriger vers ces sons. C'est de l'inconscience. Pour revenir sur les influences, j'écoute beaucoup de sons des années 80. Je suis assez attentif aux vinyles de mon père comme Depeche Mode, les Cures…c'est les gros mainstream…mais j'adore ça ! 
 
Comment se passe le processus créatif ?
Je pars souvent d'une ligne d'accord. Deux ou trois très simplistes. J'enchaîne avec la mélodie que je travaille essentiellement avant d'y ajouter un beat à la batterie. Souvent, je me lasse de mes premières expressions et dans ce cas-là, le beat permet une nouvelle énergie. Je termine une chanson avec le chant. Après, il y a beaucoup de post-production dans mes morceaux comme les effets et les réglages. La voix, c'est essentiellement pour faire une chanson pop avec couplet-refrain- couplet. En ce moment, c'est vraiment dans ce sens-là que je conçois ma musique. En même temps, comme je compose parties après parties, il n'y a vraiment pas d'improvisation. C'est assez mécanique. De la pop basique !
 
Comment définirais-tu ta musique ?  
Sucrée, vaporeuse et entrainante. Un blogueur  a résumé parfaitement la chose  : « une musique pour rêver et bouger ses doigts de pied ».
 
Tu as réalisé plusieurs remix comme celui de Granville ou encore O Safari. Comment t’y prends-tu ?
C'est les groupes qui sont venus à moi. Par exemple, pour Granville, le plus populaire, c'est venu des réseaux sociaux. J'ai « liké » leur page, ils ont vu que j'étais musicien. Ils se sont passionnés pour le projet et m’ont demandé un remix du « Slow », leur premier single. Vu que c'était la première chanson en français remixée, il y a beaucoup de groupes français émergeant qui m'ont demandés un remix. Ça permet une belle visibilité. Si on aime bien la version de Granville, « le Slow », comme je ne la dénature pas, on découvre ma musique par cet intermédiaire-là. 
 
Et le remix Caramel de Booba ? 
C'est venu d'un délire, mais j'ai voulu faire ça sérieusement. J'y ai posé ma touche puisque je ne pouvais pas le remixer en raison des droits. Le morceau a été diffusé dans les premières semaines avant de vraiment stagner. 
 

 

 

As-tu d'autres remix en préparation ? 
Pas tellement. Ma priorité reste la sortie de mon prochain EP, qui sera donc en français. Bien entendu, j'y consacre une partie anglaise car c'est une facette de mon univers. Dans le même temps, j'ai des remix déjà prêts qui sortiront d'ici peu comme celui d'Avé et d'Alexandre Barbier. Sans oublier, une version de «  Le gâteau d'amour » de Michel Legrand dans la Bande originale de Peau D'âne de Jacque Demi. C'est pour un concours des Inrocks Lab. Ils proposent des reprises et j'aime participer à ce genre de défi. 
 
D'ailleurs, tu as les honneurs des Inrocks pour la première compilation du lab ?
C'est extraordinaire ! Je suis bien entouré par des groupes qui émergent. Ça permet une belle visibilité pour ceux qui n'ont pas forcément le temps de découvrir cette nouvelle vague de talent sur internet ou sur les blogs. On leur met à disposition la crème de la nouvelle scène sur une compilation disponible chez les Inrocks, à la fnac ou sur iTunes. Il y a Total Warr, Granville, Owll…du très bon son pour cet hiver.
 
Sur le titre Night, on attend la voix de ta copine. Cela a été facile de la faire chanter ?
En effet, c’est la voix de ma copine,  et je l'ai forcée. J'ai insisté car je trouvais qu'elle avait cette voix enfantine qui correspondait à ce morceau. Le titre, au départ, ne devait pas être dévoilé sur internet, mais je l'ai fait écouter à un proche et de fil en aiguille, elle a fini dans la compil des Inrcoks
 
 
Sur le projet « Les Filles et les garçons, il y a un univers graphique propre. D’où vient cette idée ? C’était essentiel d’associer musique et visuel ?
Une nouvelle fois, j’ai mis à contribution ma copine pour s’occuper de l'identité visuelle du projet. Elle fait des études de graphismes et  fait d'autres projets que Les Filles et les Garçons. Pour moi, il était essentiel d'avoir une empreinte graphique sur chaque projet musical. C'est souvent la première approche qu'on a avec un artiste. Avoir un univers graphique particulier dans la musique, c'est important.
 
Un premier clip tourne actuellement. Peux-tu m’en dire plus ?
Je l'ai réalisé par mes propres moyens sur fond vert. Je voulais un clip pour le secoud EP et comme je n'avais pas de contact, j'ai préféré me prendre en main et faire une nouvelle fois tout moi-même. Je crois que c'est ce qui me plait le plus dans mon projet, c'est d'être totalement libre.
 

 

Tu fais partie d’une nouvelle scène pop toulousaine. Quel est ton sentiment sur cette vague-là ?
Je n'ai pas trop de contact avec cette scène, à part avec Temple Terreur (ex-Pyramids). Sinon, j'ai rencontré T Teen sans pour autant avoir d'approche autre que la musique. Après, je le dit souvent, il faudrait qu'on se soude pour monter. Chose que je ne fais pas. Puis, on est plusieurs groupes dans la pop qui monte et c'est bien. Je pense à Noir cœur et Yaa aussi !

Quels sont tes projets futurs ?
J'aimerai que ça fonctionne un peu plus. Je compte monter sur Paris pour avoir plus de disponibilité et être au centre de l'action. En attendant, un EP et une date au Bikini vendredi soir avec Aline et Lescop.

Ce soir, on te retrouve sur la scène du Bikini. Une première pour toi. Comment te sens-tu ?
Première grande scène après la Dynamo. Un peu stressé car je joue avant de grands noms. J'ai découvert Lescop et Aline quand ils débutaient et je suis fier de voir la scène française prendre son envol. Je les entends à la radio, aux Victoires de la Musique, c'est un honneur. Ce sont aussi des influences pour ma musique.