vendredi , 3 juillet 2020

Interview : Claire Laffut, pop colorée belge !

Avec seulement un EP, et seulement quatre titres Claire Laffut a déjà conquis les coeurs. Arrivée de Belgique et dans la chanson par amour, la jeune chanteuse et plasticienne, ex-mannequin, s’invente un monde coloré dans une pop lumineuse et très personnelle. Avant son passage par le Weekend des Curiosités, samedi 1er juin, nous avons rencontré la nouvelle étoile de la pop francophone dont on peut prédire déjà une belle carrière !

A quelques jours d’une date de concert comme le Weekend des Curiosités, dans quel état d’esprit es-tu ?

J’ai hâte. Je suis hyper contente de faire cette date. Je pars vraiment à l’aventure avec cette tournée, et c’est incroyable. En plus, là c’est pour un festival donc j’aurais un peu plus le temps de jouer que pour la première partie de HER. C’était incroyable, mais le public ne venait pas pour moi donc c’est différent du concert qui approche. C’est un peu effrayant quand on y pense (rires).

Le public ne te connait pas encore. On va essayer d’en savoir un peu plus. Comment es-tu arrivée à la musique?

Grâce à la danse tout d’abord. Très jeune, j’étais dans une école de danse et par le mouvement et les chorégraphies je me suis connectée à la musique. J’ai fait aussi du piano. Enfin, et c’est important de le souligner, mes parents sont fans de musique. De vrais mélomanes, notamment mon père qui aimait dénicher des vinyles et les partager avec moi. Des souvenirs inoubliables, surtout avec des parents ayant des goûts aussi éclectiques allant de la techno à la bossa nova.

Et comment t’es-tu lancé dans l’aventure musicale ?

Par une rencontre. Je suis tombée amoureuse d’un musicien. J’ai donc partagé ses créations en le suivant, lui et son groupe, en studio…jusqu’au jour où le chanteur n’étant pas là, pour m’amuser, je l’ai remplacé. Puis, tu improvises, tu écrits des petits textes, tu joues en soirée, et finalement, tu te retrouves avec un EP.

Les rencontres sont déterminantes chez toi ?

Les rencontres font partie de ma vie, c’est un fait certain. Je suis partie de Belgique pour un garçon, j’ai quitté mon petit village pour Paris. Donc, oui, les rencontres tracent ma route pour le meilleur comme le moins bon.

Tu as sorti un premier EP,  » La Vérité ». Comment le décrire?

Mon premier EP, c’est une histoire de couleurs. J’associe ma musique à des couleurs, et là c’est quatre couleurs différentes aussi bien musicalement que dans les thématiques. On a le style un peu nouvelle vague et pop pour la Vérité que j’associe à la couleur bleue. Puis, Mojo est plus chaud donc rouge. La gare du nord sonne r’n’b et Jazzy donc on se situe vers le mauve. Enfin, La fessée se rapproche du orange. J’ai besoin d’associer des choses à des couleurs. Je fais une pop colorée et c’est la preuve que mon album est rempli d’influences et de couleurs. Après, c’est moi qui le voit comme ça ( rires).

D’ailleurs pour l’EP, tu as sorti trois clips. Il est important pour toi d’associer l’image au son ?

Je n’ai sorti que trois clips alors que je voulais en faire quatre au départ. Mais il fallait que j’avance, je perdais du temps dessus, et il ne fallait pas que je m’arrête d’écrire, pour avoir beaucoup de chansons pour la suite. L’image et le son s’entremêlent chez moi. C’est réaliser des fantasmes qu’on a en tête, se laisser aller. La musique c ‘est plus personnel. Après, je n’ai réalisé que Mojo et écrit Gare du Nord, mais c’est difficile de confronter son point de vue avec celui d‘un réalisateur, car on veut tous mettre quelque chose à nous dans la vidéo.

Tu crées une oeuvre assez complète avec un autre de tes talents : la peinture. C’est un concept à 360° que tu nous livres en fait ?

La musique est le fil conducteur de mon projet, de là découle la peinture, et ça marche plutôt bien. Cela stimule plein de choses différentes. L’écriture fait du bien à l’âme. La peinture caresse mon imaginaire. Dans la musique, je peux être cash et honnête alors que la peinture cherche plutôt du côté du surréalisme.

Tu comptes donc offrir en même temps que l’album des œuvres correspondantes aux morceaux.

L’idée est qu’à la sortie de l’album je puisse faire une exposition en même temps où on pourra découvrir l’album et les peintures. Dans ma peinture, il y a énormément de symboles, j’aime travailler avec les nez, les yeux, les bouches et les relier entre eux, comme les interactions dans un cerveau. Comme les émotions qui se créent dans nos cerveaux, et qui se propagent partout après. Ce sera un prolongement des paroles.

Comment se passe le processus d’écriture chez toi?

De manière spontanée, en direct et en studio. On choisit l’ensemble des accords, et j’écris au même moment. J’ai plein de notes dans mon téléphone que j’utilise à ce moment là. Puis je cherche la bonne mélodie pour faire sonner les mots. Après, c’est une technique qui dépend aussi de l’humeur du jour, de sa sensibilité du moment. Donc parfois, on peut passer à côté comme réussir quelque chose de beau. Mais c’est ma façon de faire.

Avec d’autres artistes comme Flavien Berger, Clara Luciani ou même Angèle, pour ne citer qu’eux, tu fais partie d’une scène pop francophone en pleine création. Te sens-tu proche de ces artistes ?

Je me représente dans les nouveaux artistes mais pas forcément avec. On fait tous quelque chose de différent. Et c’est vrai qu’on me parle d’Angèle de temps en temps, car la vraie force de la nouvelle scène francophone, c’est la Belgique qui l’amène. Après je n’écoute pas beaucoup de musique française finalement, à part Flavien Berger. Je me situe plus vers les voix soul, le reggae etc..

Et pourquoi chanter en français, si tes influences sont anglo-saxonnes ?

Pour être plus directe, être sans filtre. Etre pure. D’abord, je chantais en anglais, je pouvais faire du yaourt et me concentrer sur le rythme d’une chanson. Le français se rapproche de ma personnalité, c’est moi.

Dans la création, penses -tu la musique en fonction du live ?

Je pense pas trop en fonction du live. Une musique doit être bien partout. Je retravaille forcement mes morceaux pour la scène car l’énergie est différente que lorsqu’on m’écoute au casque par exemple. En studio, tu cherches quelque chose de proche, alors qu’en live tu cherches autre chose. C’est une question de distance si on peut dire.

Avant de conclure, qu’elle est la suite pour toi ? Un album pour cette année ?

L’album est prévu pour cette année 2019, c’est certain. Il sera là ! Et en ce moment je me prépare pour une trentaine de dates, soit toutes les semaines. Pas de vacances pour moi, mais beaucoup de plaisir (rires).

Claire Laffut sera donc sur la scène du Bikini lors du Weekend des Curiosités ce samedi 1er juin !

Infos et réservations : www.leweekenddescuriosites.com