mercredi , 24 avril 2019
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Hommage à Daniel Toscan du Plantier à la Cinémathèque de Toulouse

 

En février prochain, à l'occasion des dix ans de la disparition de Daniel Toscan du Plantier, la Cinémathèque de Toulouse lui rend un vibrant hommage à celui qui fut son président de 1996 à 2003 avec la diffusion de sept films d'opéra.
 
Selon ses propres termes, c'est en « enfant d'Al Capone et de Rossellini » que Daniel Toscan du Plantier entreprend sa carrière de producteur en 1975, à la Gaumont d'abord puis avec Erato et Euripide. Il s'agit alors de donner à des « auteurs » – déjà reconnus (Robert Bresson, Federico Fellini, Maurice Pialat, Ettore Scola…) ou en devenir (André Téchiné, Benoit Jacquot…) – la possibilité de rencontrer un large public au-delà du seul réseau de l'Art et Essai : désenclaver le cinéma d'auteur en cinéphilisant le spectateur « ordinaire ». 
 
En réinventant le « film d'opéra », Daniel Toscan du Plantier – parce qu'il est aussi et par ailleurs mélomane – met en œuvre ce même projet de cinéma. Amener un public (qui n’avait pas accès aux théâtres lyriques) à une pratique de l'opéra, non pas en proposant une captation audiovisuelle de  représentations scéniques (ce que fait très bien la télévision), mais en proposant à des cinéastes de mettre en scène leur regard sur une œuvre : à ce prix-là, le film et l'opéra gardent chacun leur identité. Profondément marqué par La Flûte enchantée de Bergman, Daniel Toscan du Plantier sut ciseler l'alliance subtile des œuvres lyriques et de leurs cinéastes dans une grande diversité des choix : Joseph Losey (Don Giovanni), Hans-Jürgen Syberberg (Parsifal), Francesco Rosi (Carmen), Luigi Comencini (La Bohème), Andrzej Zulawski (Boris Godounov), Frédéric Mitterrand (Madame Butterfly), Benoit Jacquot (Tosca).