mardi , 22 août 2017
Accueil || Articles || Concerts || Weekend des Curiosités : Interview avec Last Train

Weekend des Curiosités : Interview avec Last Train

C’est l’une des têtes d’affiche du prochain Festival le Weekend des Curiosités le vendredi 2 juin au Bikini. Rencontre avec Antoine le batteur du groupe Last Train.

Les blousons du rock and roll, sans ses clichés. Les slims de la pop, sans sa naïveté. Les boots du blues, sans son prosaïsme. Les jeunes Last Train libèrent un rock and roll hypnotique, dans un univers écorché et maîtrisé. Multipliant les tournées, leur réputation ne s’achète pas et les suit à chaque date, offrant ainsi une échappatoire pour des oreilles qui ont trop longtemps vulgarisé le rock. Mais qui sont-ils ? Rencontre avec le batteur du groupe, Antoine.

Vous êtes en pleine tournée pour la sortie de votre premier album. Comment allez-vous ?
On sort d’une petite semaine de repos avant de reprendre la route. Ça nous manquait. On était en concert depuis un mois et demi, depuis début mars. Cette semaine nous a suffi et on est prêt à débarquer à Toulouse.

Toulouse d’ailleurs, vous y êtes venus lors d’une première partie de Placebo au Zénith de Toulouse.
Oui, c’était très cool. Toute la tournée avec Placebo fut vraiment très chouette. Pour une première partie, on a eu un bon accueil de la part du public. Mais ce n’est pas la première fois à Toulouse, on était déjà venu en 2014 pour une Dynamo et un Connexion Live. Cela fait un moment qu’on n’a pas joué ici.

Vous avez lors des deux dernières années fait pas moins de 200 concerts ( 100 en 2015 et 100 en 2016). Est-ce qu’il y a une différence pour vous entre la scène et le studio ?
On se sent aussi bien en studio. Mais la scène a quelque chose de très important pour nous surtout quand, comme tu le dis, on enchaîne 100 dates par an. On s’y sent bien, on a pris le pli de la tournée. Notre musique marche beaucoup en live, même quand on est en studio. Puis, les concerts nous ont permis, grâce à de longues tournées, de créer un public sans avoir encore eu d’album. C’est le cœur du métier, et on peut y tester nos chansons. C’est deux trucs différents finalement. On a été très longtemps mal à l’aise en studio, le temps de prendre nos marques. Faut dire qu’on est un groupe de scène, donc il y a eu une période où on a tâtonné. Au final, on a réussi à trouver la formule, on a pu jouer ensemble pour trouver nos marques et pour arriver à quelque chose d’instinctif comme sur un live.

Revenons aux origines. Comment est né le groupe et le nom Last Train ?
C’est venu très naturellement et rapidement. On a très vite fait de la musique ensemble depuis notre rencontre en classe de 5e au collège. C’est beaucoup mieux de jouer en groupe qu’en classe de musique (rires). Dès qu’on a pu faire des concerts, on s’est lancé sur la scène. Pour le nom, on a du le choisir en 4e ou 3e, et le choix s’est arrêté sur Last Train car cela sonnait bien. On a hésité à le changer avec le temps. On s’est posé la question mais au final, ça nous évoque notre parcours.

A quel moment cela est devenu plus sérieux ?
Au collège et au lycée, on ne pensait qu’à faire de la musique sans plan établi. On s’est laissé le temps, pour au final arriver sur notre première tournée en 2014, qui fut le déclencheur de toute l’aventure. On ne cherchait pas à ce que cela fonctionne. On s’est donné le temps de faire nos études supérieures pour finalement se lancer. Ça prend énormément de temps d’organiser une tournée et d’intéresser les gens à notre musique, en France comme à l’étranger. Puis, c’est monté crescendo en deux ans pour finalement en vivre.

Comment se passe le processus créatif au sein de la formation?
Tout dépend des chansons. Il n’y a pas de formule établie. Jean Noël amène des idées avec des chansons. On fait l’arrangement ensemble. Pour les textes, cela dépend vraiment de l’état d’esprit du groupe. Mais on aime bien travailler, retravailler nos chansons, même après un live, même après un album. Tout le monde s’approprie la musique dans le groupe.

Et les prises sont live en studio aussi ?
C’est du live oui la plupart du temps. Prise tous les quatre en studio puis les arrangements arrivent après. Il faut juste trouver la bonne prise. C’est instinctivement aussi, comme pour la création.

Sur scène, comme en interview, on vous très soudé. Comme une famille. Est-ce que cette relation fusionnelle joue un rôle dans votre travail ?
Forcément, on se voit 300 jours par an, entre plus de cent dates de concerts, le studio, le tour bus. On se voit plus que notre propre famille. Ça influence en quelque sorte notre musique et notre attitude sur scène ou dans le travail en studio. Ça fait partie de notre quotidien, de notre unicité qui se transmet je le crois dans la musique que nous faisons.

D’ailleurs quelles sont les influences musicales de Last Train ?
On écoute beaucoup beaucoup de choses différentes. Le rock a une influence sur notre musique à l’adolescence, et forcément on arrive de là. Mais on écoute de la pop, des musiques de film. On ne s’inspire pas d’un genre défini. A l’époque des débuts, les groupes de rock nous étaient très proches. On écoutait Rage Against the Machine, et on faisait le même style de musique. Aujourd’hui, on a digéré tout cela pour créer notre propre style. On écoute désormais pas mal de nouveautés, qu’importe le genre, on ne se limite plus comme à l’époque. Dernièrement, j’ai écouté le dernier Kasabian mais aussi j’ai redécouvert Sigur Ros. Deux styles bien distincts finalement.

Vous avez créé votre propre label indépendant. Pourquoi ce choix ? Et qu’est-ce que cela implique ?
Vu qu’on a commencé complètement en bas, on n’intéressait personne. En montant la tournée, on a découvert tous les métiers liés à notre milieu. On s’est donc mis à bosser des parties de notre métier autre que la musique. Cela nous plait. Jean Noël s’occupait d’ailleurs des dates, on a eu du mal à lâcher le bébé. Mais on était mal à l’aise de vendre notre groupe et d’être le groupe. Du coup, cet organe permet d’avoir notre mini prod. On est producteur de l’album, décisionnaire. On choisit les stratégies adaptées et avec Barclays et les tourneurs on travaille main dans la main. Ils sont en accord avec notre projet et cela nous permet d’avancer.

Et la production d’artistes aussi…
C’était pas mal pour notre tournée au début, puis cela a permis à un groupe lyonnais comme Holy Tour de pouvoir jouer. ça prend du temps de faire ça, et on se retrouve avec trois personnes au bureau qui s’occupent de ça maintenant. En général, on fonctionne au coup de cœur pour travailler avec des artistes et leur donner un coup de pouce avec notre structure.

Vous pensez déjà à la suite ?
Oui, on y pense. Pour le reste de l’année, on va continuer de défendre notre album. Il y a les gros festivals qui arrivent jusqu’à mi-juillet. Puis on part en Asie, au Japon en août pour des concerts. En septembre et octobre, on fera une tournée des salles françaises. Ensuite, on verra. On continue d’écrire malgré la tournée, même si cela prend beaucoup de notre temps. C’est compliqué d’avoir des idées et les mettre bout à bout. Mais on se pose et on trace notre chemin.

Questions rapides :
Premier souvenir de concert
Lors d’un anniversaire d’une copine dans un garage où on a joué nos premières compositions.

Premier album acheté
Un album de Bob Marley.

Un film une série qui met tout le groupe d’accord
Le premier jour du reste de ta vie. Car on est un peu comme une fille. Sinon, je dirais Lost in translation.

Une chanson qui vous agace 
Dans le van, on passe des morceaux pour s’agacer les uns les autres. Juste pour se tendre. Mais je dirais Jul, ça peut le faire dans cette catégorie.