jeudi , 8 décembre 2016
Accueil || Articles || Interviews || Toulouse : On a tenté une interview avec Les Insolents !

Toulouse : On a tenté une interview avec Les Insolents !

Credit photo : Nicolas Pulcrano
Credit photo : Nicolas Pulcrano

Blanche, Dédo, Antoine Schoumsky ou encore Aymeric Lompret, Pierre-Emmanuel Barré et Bruno Hausler sont les Insolents. Samedi, ils seront sur la scène de la Comédie de Toulouse. De notre côté, on a tenté une interview avec eux !

Les Insolents, c’est revendiquer la pertinence de l’impertinence. Et réciproquement, bien entendu… C’est surtout LE plateau d’humoristes en or massif que vous attendiez sans oser y croire. Le casting parle de lui-même…On y retrouve la quintessence moderne de l’humour qui a quelque chose à dire. On passe du trash à l’absurde, du stand-up aux personnages, du délicat décalage à l’humour noir qui grince…histoire de bien mettre les poings sur les «i» de l’Incorrection, de l’Insolence, l’Impertinence et de l’Irrévérence. Un plateau varié avec 6 représentants de l’humour d’aujourd’hui pour déranger intelligemment et provoquer… un rire salvateur ! Sur scène, le public toulousain découvrira Pierre-Emmanuel Barré, Antoine Schoumsky, Aymeric Lompret, Blanche ou encore Dedo.

Pour mieux cerner la troupe, mais surtout pour en savoir plus sur le spectacle, on est allé à la rencontre des Insolents. A commencer par Pierre- Emmanuel Barré, qu’on peut entendre sur France Inter ou qu’on a vu sur scène avec notamment Full Metal Molière.

Samedi soir, vous présentez le spectacle Les Insolents à la Comédie de Toulouse. Comment est née l’idée du spectacle réunissant Blanche, Dédo, Antoine Schoumsky ou encore Aymeric Lompret et toi ?
On s’est rencontrés devant pôle emploi, Aymeric était en fin de droits, il n’avait pas mangé depuis 8 jours.
On s’est regardés et on a décidé de l’aider.
Fais une blague à quelqu’un, il rira quelques instants, apprends lui à faire des blagues, il sera intermittent toute la vie.
Jours et nuits, on l’a coaché, drivé, éduqué, pour en faire le type le plus drôle du monde.
Et quand main dans la main, on le regarde jouer ses blagues depuis les coulisses, on se rend compte de l’ampleur de notre échec.

Comment se déroule le spectacle ?
C’est super! Les gens adorent. Jusqu’au moment où Aymeric rentre sur scène.

Maintenant qu’on en sait un peu plus sur la genèse du spectacle,  intéressons-nous  aux différents protagonistes du spectacle avec Dédo.

Dans le spectacle, qui est le plus drôle ?
Vu que personne ne l’est, je mettrai tout le monde au même niveau.

Le plus méchant ?
Certainement la vieillesse qui a donné autant de cheveux blancs, d’embonpoint ou de calvitie à cette troupe. Je ne suis évidemment pas concerné.

 Le plus absurde ?
L’ingénieur du son qui rate quasiment tous les effets du spectacle. Mais à sa décharge c’est un épagneuil.

 Et quelles qualités voyez-vous dans vos camarades ?
 Ils ont une bonne digestion sauf une.

Quelle est votre définition de l’insolence ?
Pour moi l’insolence c’est avoir été trop longtemps exposé au soleil d’où la sensation de nausées et de vertiges. Ah non c’est l’insolation ça. Mais ça reste cohérent avec ce qu’on proposera samedi.

Credit photo : Nicolas Pulcrano
Credit photo : Nicolas Pulcrano

D’après Dédo, c’est donc une troupe assez bancale et dans un état déplorable physiquement. Essayons d’en savoir plus avec la douceur de Blanche, seule partie féminine de la troupe à Toulouse.

Quelles sont les limites de l’insolence ? Est-ce qu’il y a des thématiques que vous vous interdisez ou dont vous ne trouvez pas les bons mots pour en parler ?
Je ne suis pas insolente. C’est le drame de ma vie. J’aurai fait plein de trucs super si je l’avais été.
Sur scène personne n’est insolent. Paradoxalement la scène est la maison de l’obscène, du licencieux, du monstrueux. L’insolence c’est de la pisse de chat à côté de ce qu’est l’acte même d’aller parler en son nom sur une scène, devant des gens dans le noir. L’insolence c’est bon pour exciter les collégiens. Ce nom de troupe est à dégueuler de nullité. J’imagine que c’est une idée de la prod. Remarque ils ne sont pas à une idée de merde près…

Comment nait l’idée d’un sketch ou d’une thématique ?
En général, je m’assois toute nue en tailleur dans mon salon et je prend du LSD. 

Après ce règlement de compte avec la production des Insolents – dont on ne fait que le relayer les informations-, tentons d’aller plus loin dans les questions. Plus en profondeur en quelque sorte avec Antoine Schoumsky.

Dans un monde de plus en plus sclérosé, est ce que l’humour noir et l’art de l’absurde permettent de mieux faire passer des idées, des opinions?
Le mieux serait de faire l’amour aux gens, on est tous beaucoup plus souple d’esprit et tolérant en état post orgasmique. Mais hélas, on ne peut pas s’attraper tout un public en une soirée, même si j’ai  le cardio pour ça. Donc oui l’humour noir c’est un bon assouplisseur d’idée et de mentalité. L’absurde ça envoi aussi un message important : la vie n’a pas de sens, pourquoi s’acharner à se prendre pour un guide et dire « si si c’est par la »

A titre personnel, comment êtes-vous arrivé à l’humour ? Et comment on s’approprie un genre particulier ?
Par dépit, principalement. Un peu par haine de mon prochain aussi mais surtout pas dépit. Pour l’histoire de s’approprier un genre je ne me pose pas la question, ce qui sort de ma plume ou de ma bouche, ce n’est pas calculé. Je me subis en gros…

Le niveau est remonté assez largement, continuons sur cette lancée avec Aymeric Lompret.

Vous avez un humour assez particulier, disons peu mainstream, est ce que le public est parfois surpris voir choqué ? Quel est votre relation avec le public ?
Ça veut dire quoi mainstream ? Apparemment, ma relation avec le public n’est apparemment pas sexuelle. 

 Vous êtes tous passé par Toulouse, soit avec les Insolents, soit avec votre propre one-man show. Quels souvenirs gardez-vous de ces passages ?
Pas mémorable. Toulouse est une ville qui n’a pas su prendre le virage du 21e siècle

Bon d’accord, Aymeric Lompret garde un « bon » souvenir de la ville rose et de ses différents passages. Finissons avec Bruno Hausler, le monsieur Loyal du spectacle.

Qu’est-ce qu’un sketch réussi ?
Je crois pouvoir dire sans me tromper qu’un sketch est réussi quand  le public adhère à tes idées et rit à tes blagues. On peut se prendre un bide avec un sketch réussi, tout dépend de qui le reçoit.
Le spectacle des Insolents est composé à 100% de sketches réussis mais si le public qui vient déteste l’humour noir et l’absurde, ils vont se faire chier.

Il faut juste que le public rit ou pas ?
C’est mieux quand le public rit, ne nous mentons pas. Maintenant si on peut aussi le faire réfléchir, le questionner c’est bien aussi.  Mais pour être tout à fait honnête, l’intégralité de la troupe fait ce métier uniquement pour l’argent donc, si le public rit c’est bien, si il paie, c’est mieux.

Sur les actualités de ces derniers jours, qu’est-ce qui pourrait faire un bon sketch et comment débuterait-il ?
L’actualité est tellement chargée entre l’affaire Morandini, les tribulations de Cyril Hanouna, les primaires à droite, les élections américaines… Je ne sais que choisir, j’ai l’impression d’être un diabétique au salon des confiseurs.
Ce qui est certain c’est que le sketch débuterait comme par « Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonsoir » parce que je suis poli et puis j’enchainerai sur « Je ne sais pas si vous avez remarquez… »  parce que je suis une feignasse.

 

Finalement, on a réussi notre interview. Surtout terminée. Ce qu’on peut dire c’est qu’on aura bien rigolé sans en savoir plus sur le spectacle de samedi. Mais n’est-ce pas là le vrai enjeu des Insolents : rire ? En tout cas, c’est ainsi, et c’est tant mieux !

 

Les Insolents
Samedi 22 octobre à la Comédie de Toulouse
Entrée : 24-28 euros

insolents3