samedi , 20 avril 2019
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Toulouse – Interview de Baptiste Lecaplain

 

Baptiste Lecaplain, révélation de l'année 2012, dépose de nouveau ses valises à Toulouse, cette fois à la Comédie le temps d'un week-end. L'occasion de relire son interview réalisé lors du dernier Printemps du rire.
 
Des jeunes humoristes, Baptiste Lecaplain fait l'unanimité. Et, 2012 sera son année. Actuellement en tournée avec son one-man show "Baptiste se tape l'affiche", le jeune humoriste fera une nouvelle halte à Toulouse ce week-end. A 26 ans, le normand a su conquérir son monde aussi bien le public que les professionnels. Preuve en est l'adoubement de Gad Elmaleh :  "le meilleur" selon le comédien.
 
Au Printemps, lors de son premier passage par Toulouse, nous avons rencontré le jeune humoriste. Récit.
 
Tu es sur scène avec ton premier One Man show « Bapstiste Lecaplain se tape l'affiche ». Comment t'es venue cette vocation ?
La vocation est venue tard. Depuis petit, j'aime regarder les humoristes. Je matais en boucle les K7 vidéos de Palmade, Bigard et Lagaf. Puis, je ne pouvais m’empêcher de regarder les comiques à la télé, comme les Grosses Têtes sur TF1. La vocation est arrivée vers l'âge de 19 ans à la fac de Rennes. Je jouais des sketchs, puis en colo je faisais le comique. Je n'ai jamais fait de théâtre. Je montais sur scène donc pour me marrer en priorité. C'est à Montréal quand j'ai vu Gad Elmaleh que j'ai eu envie d'écrire mes propres histoires.
 
Le déclic est donc à Montréal si je comprends bien ?
C'est surtout une rencontre quand j'étais G.O, comme beaucoup dans ce métier. Quand t'es G.O., on est pas très regardant sur le diplôme. Par contre, c'est un superbe métier. C'est donc à Marrakech que j'ai eu l'opportunité de choisir cette voie.
 
Comment travailles-tu chacun de tes sketchs ? 
Beaucoup d'écrits, c'est assez bizarre. J'ai toujours un carnet, un iphone, un ipad, où je prends des notes. Le spectacle est pourtant vachement écrit, je n'essaye pas de le bouger… Ce sont des notes pour plus tard, ou pour des émissions.  Je pars aussi d'une idée, on ne sachant pas où je vais. De cette petite idée, je regarde où je peux la pousser et si elle me paraît assez drôle. D'abord, à moi-même. Je pars donc de tout, tant que l'idée est drôle. Là, je me dirige de plus en plus vers l'absurde…un domaine qui me plaît bien. Je me dis : tant que ça le fait !

Peu d’improvisation sur scène…
Au début, non. Il y en a de plus en plus au fil des représentations. Je prends le temps de m'amuser sur scène. Il y a actuellement 80% d'écriture, le reste en impro.

Hormis la scène, on te retrouve régulièrement sur l'émission Ce soir avec Arthur sur Comédie. C'est un plaisir différent ?
L’exercice reste plus simple, on joue avec beaucoup de décontraction chaque sketch. Et puis Arthur est super gentil, un type plein de qualités. On est sur Comédie, je ne me prend pas la tête. On joue une semaine sur deux, on prépare les sketchs rapidement, à la différence du spectacle qui a été construit sur deux ans et demi. Je me fait vraiment plaisir en essayant aussi de mettre du fond, comme sur la chronique de Marine Le Pen. Ça me tenait à cœur…

Claudia Tagbo dit de toi que « tu fait petit garçon très gentil et très mignon, mais qui balance des horreurs »…
Elle dit ça…(rires). Des fois ça arrive d'être un peu limite, je ne suis pas obligé. Je travaille avec un mec super talentueux : Florent Gazan. Ce mec est doué, et balance des petits horreurs, comme une des dernières qu'on a faite : «  tu sais pourquoi on ne peut pas pirater la boite de Roselyne Bachelot ? Parce qu'elle est inviolable ». Cela ne mange pas de pain …Après, on est sur Comédie, où la liberté d'expression est décuplée. Je ne pourrais jamais me permettre ce genre de chose sur TF1 par exemple.
 
Sur scène, tu as aussi ce plaisir ?
A force de jouer,  forcément. C'est vraiment avant tout du plaisir. Il y a quelques jours, j'ai fait la première partie d'Elie Semoun. Le même type que je regardais ébahi petit. Et maintenant, j'ouvre son spectacle. C'est toujours difficile de faire une première partie, mais quel pied! Je suis trop content. En fait, je suis comme un gamin qui se dépêche d'enfiler ses crampons, son short, son maillot pour jouer au foot. Sauf, que pour moi, c'est le costard et le micro.
 
L'année 2012 est chargée. On peut te voir dans un film, « Nous York ». Comment es-tu arrivé au Cinéma ?
Le cinéma n'était pas prévu. Au départ, j'ai passé des essais pour un autre film au départ. Sans être pris. Puis, pour Scènes de Ménage. Je devais jouer le mec du nouveau couple. Mais, pour la chaîne, je faisais trop jeune. Donc, je n'ai pas été pris.  Du coup, comme sur « Nous York » ils cherchaient le dernier rôle principal, j'y suis allé. Ça a enfin souri. Une superbe aventure, un superbe tournage et une ambiance de rêve. J'y ai pris du plaisir, comme toujours en fait. 

Tu apprends donc le métier d'acteur ?
Oui, c'est très différent de la scène. J'ai beaucoup aimé cette relation entre les acteurs. Je m'y suis retrouvé. J'apprends petit à petit le métier de comédien…je suis très cinéphile à la base d'ailleurs. Une expérience différente, assez cool, mais qui ne possède pas la liberté de la scène.

Pour finir, on ne peut pas ne pas évoquer le succès de BREF, dont tu es un des acteurs récurrents. Le succès t'as vraiment surpris ?
C'est colossal. Une véritable surprise oui. Kyan est l'un de mes meilleurs amis, donc le succès me fait énormément plaisir. Faut dire que l'histoire est belle : un jour, il est venu avec une idée sur un bout de papier.  J'ai trouvé ça marrant, sans vraiment savoir où ça irait. On a tourné le pilote un dimanche dans un petit appart. Quand on a vu le montage final du Pilote..waouh !  C'était vraiment un truc de fou. Ce n'était pas possible que ça ne marche pas. Une chaîne devait obligatoirement se jeter dessus. Naïvement, on aurait jamais pensé avoir un millions de fans en une semaine. C'est avant tout une histoire de potes…
 
Baptiste Lecaplain
Vendredi 16 et samedi 17 novembre à 20h à la Comédie de Toulouse