lundi , 26 juin 2017
Accueil || Articles || Concerts || Curiosités du Bikini vol 30 : Interview de Talisco

Curiosités du Bikini vol 30 : Interview de Talisco

Talisco débarque au Bikini pour le volume 30 des Curiosités avec un album electro-rock puissant, « Capitol vision ». Rencontre.

Talisco en mode radical. « Frontal » préfère l’artiste qui a sorti les griffes et durcit le ton. L’heure est à l’affirmation : guitares cinglantes, cordes métalliques, jamais mécaniques, soufflantes électro et hymnes indie-pop… L’artiste revient de son périple américain marqué au fer rouge avec Capitol Vision et des visions électro-rock.

A l’occasion de son passage à Toulouse, au Bikini, pour la 30e édition des Curiosités, recontre avec Jérôme Armandi,l’homme derrière Talisco..

Tu es en pleine promo pour la sortie de l’album, tu enchaînes les dates, le début d’année est assez dingue pour toi. Comment vis-tu cette période ?
C’est une période assez excitante. Il se passe que des choses positives. Avec la sortie de l’album et les concerts, je suis plutôt relaxé. Je ne connais pas la pression, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire. Ni même le stress. J’ai réalisé l’album que j’avais imaginé, j’en suis très content donc je suis rassuré.

L’album est sorti en janvier, mais depuis septembre, tu le teases avec quelques morceaux en amont comme A Kiss From LA notamment. Te rends-tu compte de l’excitation que tu as fait monter chez tes fans ?
L’album était prévu depuis longtemps pour le mois de janvier. Il n’y a jamais eu de retard quant à sa sortie. Pour les titres en amont, cela fait partie du jeu. Quand tu es fier de ce que tu fais, tu veux rapidement le partager au plus grand nombre. Tant mieux si les gens ont été impatients de le découvrir.

Sur les dernières années, tu as vécu énormément de choses, notamment avec une énorme tournée dans plusieurs pays. En quoi ces expériences ont servi ton album ?
En tout ! C’est un album qui s’est imposé à moi en termes d’écriture. Les dernières années ont été assez folles, avec plus de 200 dates de concert, des histoires et des moments fous. Il m’était impossible de ne pas évoquer cela.

Capitol Vision est donc un album personnel ?
Mon premier album, Run, était quelque chose de fantasmé. Construit sur de l’imaginaire. Là, on est dans la réalité. C’est le propos même de mon album : ma réalité.

 

D’ailleurs pourquoi le nom de Capitol Vision, et qu’est-ce que cela signifie ?
C’est une métaphore. J’aime beaucoup l’idée du monument qu’est le Capitol. Il se pose et s’impose, un monument assez représentatif où l’on peut s’y hisser et contempler. L’idée est, ici, de contempler mes trois précédentes années du plus haut possible. Ce n’est pas un résumé des trois ans, mais les pièces d’un puzzle des événements les plus marquants selon et pour moi.

A l’écoute de l’album, on y pénètre assez rapidement, tu fais une musique assez directe et efficace. C’est ce que tu cherches avant tout ?
C’est dans ma personnalité. Je suis comme ça. J’écris mes chansons à mon image, de façon assez simple et compréhensible. Il n’y a pas de détour, Je n’intellectualise rien et je veux qu’on entre dans mon univers à la seconde même du début d’un titre.

Le point de départ est une ville : Los Angeles. Quel est ton rapport avec cette ville de Californie ?
Los Angles est le point de départ. D’abord de l’album, avec la chanson A Kiss From LA mais aussi de pas mal de choses. A Kiss From LA a été la première à être écrite et livrée. C’est un album qui part de là-bas, d’une ville qui m’a marqué. Un endroit où j’ai puisé des informations, de l’émotion pour construire cet album. C’est le point de départ de mon développement personnel. Il y a une histoire d’amour avec cette ville. Je n’y vis pas mais j’y vais à chaque fois que je le peux.

Comment s’est passé le processus créatif de ce second album ? Est-il différent de Run ?
Du coup, je dirais que c’est toujours le même mode opératoire. Je ne dirais pas la même recette, mais dans l’idée, je suis le même processus. Il s’est fait naturellement chez moi à ma façon. Je ne voulais pas changer ça. Le besoin de maîtriser tous les aspects de la construction. J’aurais pu avoir accès à un grand studio, mais j’ai peur. Je n’aime les grands studios, j’ai peur que tout m’échappe, puis ce n’est pas mes machines. J’ai besoin de contrôler la couleur des morceaux, et éviter que cela échappe à mon intuition. Après, même si on est sur un album maison, je ne travaille pas avec un petit home studio et deux planches en bois. J’ai du matériel de qualité et les logiciels qui faut etc…D’autres artistes préfèrent les grands studios, je peux les comprendre, mais moi, ça m’emmerde.

Pour Capitol vision, et pour la première fois, on voit ton visage sur la pochette de l’album. Que cherchais-tu en te dévoilant ainsi ?
Pour le coup, et pour les raisons évoquées avant, on est dans quelque chose de plus personnel. Je voulais appuyer ce côté-là. Un visage est quelque chose d’unique, marqueur d’authenticité, gageant ainsi d’un album plus personnel. Il n’y a rien de plus impersonnel qu’un paysage ou encore une figure géométrique. Cela n’aurait pas collé avec l’album. Je n’étais pas fan de mettre une photo de moi directement, j’ai préféré le dessin. Cela reflète quelque chose, mais toujours authentique. Puis avec la pochette, on glisse doucement dans le fantastique en arrière-plan. Avec un dessin, on est à mi-chemin du vrai et du fantasmé. Une photo peut toucher, alors qu’un dessin permet l’évasion. Je veux qu’on s’y évade !

Musicalement, on est sur quelque chose de plus instinctif, sur un album fait pour la scène. Est-ce l’idée ?
En effet, j’ai essayé de rapprocher ça de la scène. Comme nous sommes très rock sur scène, il fallait que cela se dégage rapidement dans l’album. Si je crée seul, la mise en place scénique se fait avec Thomas et Guillaume. Sur scène, on est plus rude dans l’altitude et le message.

Après plus de 200 dates, et deux albums, que préfères-tu entre la composition et la scène ?
Aujourd’hui, je peux répondre les deux. Mon premier amour reste en effet la composition mais la scène vient contrebalancer ça . C’est une respiration, un moment de partage nécessaire. Au début, cela n’était pas mon truc, je n’étais qu’un outsider. Je n’assumais pas être mis avant et à devenir un interprète de ma musique. Au final, ça s’est fait assez vite. J’ai mis plus de temps à assimiler le mode de vie. Cela me paraissait bizarre. C’est un privilège énorme ce qui m’arrive. Je me suis habitué, je l’apprécie plus sereinement avec le recul.

Tu seras donc à Toulouse, le 8 février pour les Curiosités du Bikini. Ce n’est pas ton premier passage à Toulouse, tu avais fait une date au Connexion Live lors de la sortie de ton premier album ?
Oui, et ce fut une superbe soirée. La salle était bien remplie et très cool. Toulouse est une bonne date pour nous. Là, c’est le Bikini, qui a une bonne réputation, donc je suis impatient de découvrir ça.

Dernière question, qu’est-ce que pour toi une curiosité musicale ?
Je ne sais pas trop. Je suis un peu dans la définition. J’écoute beaucoup, j’intègre le fait d’être curieux, c’est nécessaire de l’être. Si, ce genre d’événement peut aider les gens à l’être, c’est top !

 

Curiosités du Bikini Vol 30 : Talisco + Her
Mercredi 8 février 2017 à 20h au Bikini