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mardi , 19 février 2019
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Cabaret à Toulouse : Rencontre avec Claire Pérot

 

 

Claire Pérot reprend son rôle de Sally Bowles dans Cabaret, du 24 au 25 février au Zénith de Toulouse. Lors d'un show case à la Fnac, l'actrice revient sur son rôle, sur le spectacle, sur ses projets et même Jean Dujardin. Rencontre.
 
Entre octobre 2006 et 2008, Clarie Pérot incarne Sally Bowles dans la comédie musicale Cabaret. Après un passage dans Mozart, l'Opéra Rock, la jeune femme revient sur scène dans ce magnifique spectacle. Avant son passage au Zénith de Toulouse les 24 et 25 février, Claire Pérot revient sur une œuvre intense et « d'utilité publique » lors d'une belle rencontre.
 
Le Retour de Cabaret : « C'est mortel ! En plus, il y a plein de petits nouveaux. Ça fait du sang neuf. Et, reprendre ce spectacle qui avait été un tel succès, ça fait du bien. Cabaret est tellement une oeuvre magistrale à défendre et d'utilité publique, par tout ce que ça peut soulever. C'est vraiment un réel plaisir. »
 
L’œuvre originelle :  « Lorsqu'on m'en a parlé, je ne connaissais pas du tout. On m'a donné le script de la pièce que j'ai lu, et qui m'a bouleversé. Puis, j'ai attendu la fin des auditions et la réponse pour lire le livre. Lire aussi beaucoup de documentation sur l'Allemagne à cette époque là, l'Europe à cette époque là. Mais j'ai refusé de voir le film ou toute autre interprétation. J'ai seulement vu le film, il y a un an. J'ai attendu un an et demi après la fin du spectacle pour m'y pencher réellement. »
 
L'intégration des nouveaux acteurs : « L’intégration fut assez simple et évidente. Dès l'instant où on est là pour travailler, l'humain c'est la cerise sur le gâteau. Mais on est collègues avant d'être des amis. Après, ça dépend avec qui. C'est un métier comme un autre, on n'est pas en colo. « 
 
Cabaret et le public :  «  Le public est assez réceptif dans l'ensemble. Même si c'est assez joyeux dans le premier acte, qu'il y a une troupe de 25 personnes, il y a des soirs où on sent que le public est plus froid..mais on sent beaucoup de chaleur à la fin, et du respect surtout. Malheureusement, si les gens ne sont pas réceptifs, on ne peut rien faire. Ce n'est pas un concert : s'ils n'écoutent pas, je continue mon jeu, je ne peux pas changer. Je prend mon mal en patience. J'ai des intentions bien précises à donner dans mon interprétation. »
 
Sam Mendès, metteur en scène de Cabaret : « Je suis une grande fan de Mendès. Je le connaissais surtout cinématographiquement parlant. Je n'ai jamais vu ce qu'il a fait au théâtre « because » à Paris, à chaque  fois qu'il vient c'est blindé. Et le prix des places est exorbitant. Cinématographiquement parlant, je trouve ça intéressant, surtout depuis qu'on a bossé ensemble. Je regarde son œuvre  d'un autre œil car je sais comment il travaille. Il a besoin de décortiquer l'humain pour en garder l'essentiel. C'est assez minimaliste. Si tu regardes bien, les comédiens, ils en font très peu. Dans la mise en scène, il n'a voulu que des chaises noires sur scène. Il n'y a rien. Il ne veut que les personnages, et pour faire éclater l'essentiel, il tire les comédiens vers l'essentiel. »
 
La vague de Comédies Musicales en France : « Il y en a toujours eu. C'est plus commun maintenant, comme tout de toute façon. Ça crée un véritable bordel. Il y a de plus en plus de spectacles, de plus en plus de monde : ça crée une concurrence à chaque fois. Mais en même temps, de plus en plus d'emploi. Je ne suis pas très branchée comédies musicales. Je vais voir les moins médiatisés. Par exemple, je vais aller voir Frankestein Junior de Mel Brooks qui a été prolongé sur Paris. » 
 
La pression : « Oui un peu en général. C'est notre tronche sur les affiches à Manu (ndrl : Emmanuel Moire) et moi, donc on est les produits vendeurs du spectacle. Pour parler communément, faut pas qu'on déconne. On peut pas sortir jusqu'à 4h du matin, arriver le lendemain avec deux heures de retard au maquillage…on n'est pas des rock stars. On a une hygiène de vie, on peut se faire virer. On ne doit pas rigoler avec notre rôle. Mais je suis ravie d'avoir cette responsabilité là, c'est un honneur. »
 
Le Trac avant la scène : « Pas tout le temps. Une petite pression quoiqu'il arrive. Je suis très concentrée avant, je m'échauffe pendant une heure, je m'isole… Je ne suis pas pour autant associable. Par contre j'ai besoin de faire mes vocalises.. C'est marrant, un pote photographe est venu faire des photos de moi avant scène, et sur toutes, j'ai un espèce de regard dans le vide… une forme de concentration ».
 
The Artist et Jean Dujardin : « J'ai toujours été persuadée du talent de Dujardin. Je suis ravie de ce qui lui arrive. Je trouve que The Artist mérite les hommages qu'on lui fait. C'est un œuvre originale, un ovni quoiqu'il arrive, dans le cinéma. C'est osé. Je suis ravie de voir ce succès mérité. Cocorico. » 
 
Toulouse :  « Je ne connais pas du tout Toulouse. A chaque fois que je suis venue, c'était des sauts de puces où je n'ai pas eu le temps de bouger. Là, on arrive le vendredi matin, on joue le weekend et le lendemain on repart. On n'a pas le temps de faire du tourisme. Surtout moi. Je suis plutôt en mode je dors. Je suis obligée d'être sérieuse…
 
Ces prochains projets : "Ce sont des projets, il n'y a rien de signé. Car, quand on est artiste, on parle en terme de signature.  Mais, j'ai des projets musicaux avec Olivier Dahan sur un disque. Théâtre, cinéma… je passe des castings, mais comme je ne suis encore bankable, on en prend toujours une de plus connue".
 
PHOTOS : BRINKHOFF / MÖGENBURG