mardi , 10 décembre 2019
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Rencontre avec Miel de Montagne avant son passage à Toulouse

Après un passage par la House, et Paris, Miel de Montagne se tourne, il y a à peine un an, vers la pop. En l’espace d’une année, le jeune homme de 23 ans nous a livré un EP, des lives puis un premier album solo éponyme exceptionnel. Sa pop légère et  lumineuse ouvre la porte à la rêverie mais aussi porte un oeil étonnant sur le quotidien. Miel de Montagne sera ce soir au Connexion Live de Toulouse.

Quel est ton état d’esprit à l’approche d’une date de concert ?

J’ai un mindset hyper cool !

Que t’évoques la scène d’ailleurs ?

Elle m’évoque un truc assez simple : c’est le pourquoi je fais de la musique aujourd’hui ! Ce sont des bons moments, et la consécration de tous les bons moments est le live. Il y a un partage énorme avec le public, dans la relation au son, quand le public chante avec moi. Tout est un partage dans ces moments là. Même si c’est cool d’écouter un vinyle chez soi, la scène est le projet final !

Ta musique prend une autre dimension sur scène, penses-tu ta musique pour la scène ou pour le studio ?

Alors, maintenant, et avec les dates qui se sont un peu enchaînées, l’idée des sons comme une possibilité d’être joué sur scène vient plus naturellement. C’est un peu plus live. En vrai, pour l’instant je suis assez surpris de trouver des trucs dans mes morceaux pour être interprété de façon originale sur scène, de jouer avec le public avec des grands moments d’échanges etc…C’est trop bien je peux faire tellement de choses, tout est possible !

Quelle formation allons-nous voir sur la scène  ?
Toujours deux, à la cool ! Je veux prendre mon temps pour faire ce que je fais. On verra plus tard si je rajoute quelqu’un. En tout cas, depuis une dizaine de dates, je travaille avec Diego qui amène un grand vent de fraîcheur. Il a une autre vision assez éclairante du projet, et c’est plutôt bien pour notre évolution. Peut être que je passerais à trois pour la date à la Cigale, je ne sais pas encore.Je sais que ma musique se prête à un plus gros band. Mais, moi, tant que ça fait le taff, tout en légèreté, et sans pression, ça me convient !

C’est un peu la définition de ta musique : la légèreté ?

Je sais pas si c’est le terme. En tout cas, comme tout ce que j’entreprends, je le fais de façon positive et ça devient cool. Le jour où je ne m’amuse plus, j’arrête. Ça paraît léger mais ça veut pas dire que ce n’est pas important. On peut être dans l’émotion tout en étant léger ! J’écoute de la musique pour me détendre, j’ai besoin de quelque chose de réconfortant, je n’écoute pas de Métal par exemple. Donc je fais une musique qui me ressemble, capable d’être écoutée au réveil. Et les sujets font partie de moi, je me questionne sur les sujets qui m’entourent. Ma musique n’est pas vide, elle est chargée au final !

Tu as un parcours unique, car avant de devenir le chanteur pop, tu mixais de la house. Quel a été le déclic pour passer de l’un à l’autre ?

Depuis tout petit, depuis l’âge de cinq ans, je fais de la musique en passant par un tas de projet.J’ai toujours chantonné, toujours joué de la guitare, jusqu’à l’an dernier où je me suis lancé vraiment dans le projet. J’ai été DJ pendant 4 ans en région parisienne. Je voulais me lancer dans la pop depuis mes 14 ans. J’avais ça au fond de moi, mais je ne trouvais pas le bon moment pour le faire sortir. Je cherchais quelque chose de vrai. Il fallait une harmonie pour que le projet fonctionne. Pendant 4 ans je me suis épuisé comme DJ toutes les nuits, histoire de me dégoûter (rires). Et puis, j’assume plus ma voix, mon écriture, et la guitare aujourd’hui. Même si tout cela reste encore fragile. Il y a du travail mais tout était réuni pour lancer le projet.

Petite piqûre de rappel, mais pourquoi le nom de Miel de Montagne ?

Oh, c’est très simple ! Il y avait un pot de miel à côté de moi lors de l’écriture d’un morceau de mon premier EP, je crois que c’était « Pourquoi Pas ». Et lors de l’enregistrement sur mon ordinateur, il fallait bien que je le retrouve donc je lui ai donné le nom du pot de Miel à côté de moi. Puis, j’ai trouvé ça cool, je l’ai gardé. A la suite de quoi, j’ai réalisé un petit logo devenu plus tard la pochette de l’album. Le miel me suit partout : j’en prends avant de monter sur scène, j’en fais, j’en offre…le miel est ma motivation ( rires)

A l’écoute de l’album, on sent une certaine mise à nu dans cet album. Est ce le cas selon toi ?

Je ne suis pas un robot, mais un humain après tout (rires). Oui, je ne pouvais pas faire sans mettre un peu de perso, après c’est pas forcément une mise à nu, mais je laisse faire une certaine légèreté. Je laisse aussi de la liberté dans les  morceaux. C’est à dire que je n’écris pas beaucoup de texte. Que chacun puisse les voir comme ils le veulent ! Je reste très évasif pour laisser place à l’interprétation. On peut s’imaginer plein de trucs. Après j’essaye de faire preuve de sincérité, je raconte mes rêves, mon quotidien comme la mort de mon chien ou l’obtention de mon Permis de conduire.

Ou encore faire chanter ta maman ?

Ma mère est présente depuis l’EP . J’avais besoin de chœurs pour un titre, donc je l’ai samplé. Puis après, je vis chez mes parents, donc quand j’ai besoin d’une voix en plus, je demande à ma mère. Merci Maman. Peut-être qu’un jour je l’amènerais sur scène avec moi, même il faudra que ce soit une soirée cool ou quelque chose d’incroyable.

Quel est ton processus créatif ?

La Musique vient d’abord car je commence à peine à chanter depuis un an. Je cherche des accords, une mélodie que je loop chez moi et je regarde si elle m’inspire ou pas. Et qu’elle m’inspire ou pas, je la bosse à fond, je cherche à fond tout ce que je peux en tirer. Si à la fin, je suis content du résultat je valide. Pour trouver le graal, il faut énormément bosser. Quant au final je trouve enfin, ça me provoque un énorme plaisir.

Et comment naissent les thématiques abordées ?

Les thématiques naissent souvent d’une phrase d’accroche qui me vient spontanément. Quelque chose d’assez irréfléchi, quant on y pense! Juste quelque chose que j’ai envie de dire. Après je développe par dessus. Mon père m’aide aussi à l’écriture. Il a coécrit par exemple Pour Rien au monde et écrit Le Soleil Danse. Mes parents soutiennent beaucoup le projet, et ça aide d’avoir mon père dans le milieu, surtout un parolier. Mais ça se fait naturellement. Il monte dans ma chambre, écoute ce que je fais et me propose par exemple quelque chose.

Si tu devais garder une chanson de l’album, ça serait laquelle ?

Je les garde toutes. C’est un seul et même objet. Après, je dois dire que Le Soleil Danse possède quelque chose en plus. C’est une direction où je ne pensais pas aller. Je me suis dépassé. Il y a quelque chose de plus slow qui me motive bien pour la suite. Je laisse faire les choses, mais c’est une direction artistique pas négligeable pour la suite !

Tout est allé très vite, en moins d’un an on a eu le droit à un EP, à des concerts et un album. On a pourtant l’impression que tu prends ton temps !

Les idées , je les laisse venir à moi. Mais pour tout le reste, je suis quelqu’un d’impatient. Regarde, ça faisait un mois et demi que j’attendais ma nouvelle guitare, j’en pouvais plus, et là je suis si heureux. Après pour mon projet, tout le monde autour de moi a été hyper réactif. Quand je suis arrivé chez Pain Suprise, je voulais faire un album. Ils ont rigolé et m’ont demandé une démo. Donc j’ai du aller en studio pour en faire une. Je suis motivé par mon projet donc je donne tout ce que j’ai même si je veux que tout aille très vite . L’essentiel étant que je fais tout cela avec du plaisir. Il n’y a que du plaisir et du bonheur dans mon travail !

Quel est la suite pour toi ? Le live et de nouveaux textes ?

J’ai toujours des petites idées, même sur la route. Je demande à Diego de me filmer même si c’est pour un do. C’est débile mais on sait jamais, ça peut être utile pour la suite. On ne laisse jamais rien au hasard. Là, je me concentre sur le live. On repart dans deux semaines en résidence avec Diego pour tester de nouvelles choses. Tout est allé tellement vite que ça fait du bien de faire autre chose que de la compo. J’avais trop la tête dedans. Après, pourquoi se plaindre, c’est tellement de bonheur et de plaisir tout ça !