La mastication des morts

Théâtre La mastication des morts
Date: Du 22/05/2012 au 02/06/2012


Style: Tragédie

TNT - Théâtre National de Toulouse
1, rue Pierre Baudis
Toulouse
Tel: 0534450505
Site web

Tarifs: 17 euros

On croirait cette pièce morbide, au contraire, La Mastication des morts est une joyeuse tentative de conciliation avec la mort avec laquelle notre époque est « fâchée » (Christian Boltanski) en même temps qu’une proposition qui répond au projet de Genet d’un théâtre implanté au c?ur même d’un cimetière qui s’adresse aux gens capables, au plus profond de la nuit, d’affronter un mystère.

La lune était haute sur le ciel dégagé, l’air vif traversé par le vol bas de chauve-souris, retentissant parfois du hululement d’effraies nichées dans le bois attenant ; Je déambulai entre les tombes, sans que le gravier maintenant ne crissât ni que les arbustes effleurés retrouvant leur posture d’origine n’émissent le moindre sifflement. De ce mystère, je ne me préoccupai guère, ayant encore tant de tombes à visiter, tant de voix à entendre et à réconforter de leurs blessures inconsolables de vivants.

Extrait de la préface de La Mastication des morts

Note d’intention de Patrick Kermann

C’est en visitant un petit cimetière de la campagne française que m’est venue l’idée de construire une « polyphonie de l’au-delà » en redonnant la parole aux centaines de défunts enterrés depuis un siècle à Moret-sur-Raguse, village symbolique inventé de toutes pièces... 
Mais avant d’en arriver là, j’ai fait un tour de France des nécropoles rurales et j’ai réuni un ensemble de noms aux consonances bien françaises afin d’exclure tout exotisme. Hormis la géographie, purement imaginaire, du village en question, tout ce que je raconte dans ma pièce est authentique, au détail près, petite histoire et grande Histoire entremêlées. Oratorio in progress est un travail sur le nombre et la mémoire, la petite mémoire fragile d’une multitude de voix qui s’inscrivent dans l’histoire d’une communauté. Il s’agit dans l’accumulation des habitants du cimetière d’entendre la singularité de chacun, sa langue propre qui, surgie d’outre tombe, par delà les corps, fait résonner en nous, morts en sursis, ces vivants d’un autre monde. Les morts que j’arrache momentanément de l’oubli en les mettant en scène ne connaissent ni la résignation de la tristesse, ni la brûlure de la plainte, ni horreur ni extase, ni enfer, ni paradis.

On croirait cette pièce morbide, au contraire, La Mastication des morts est une joyeuse tentative de conciliation avec la mort avec laquelle notre époque est « fâchée » (Christian Boltanski) en même temps qu’une proposition qui répond au projet de Genet d’un théâtre implanté au cœur même d’un cimetière qui s’adresse aux gens capables, au plus profond de la nuit, d’affronter un mystère.


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